Recherche

Psoriasis in vitro

Un modèle de peau mis au point par des chercheurs du Laboratoire d’organogénèse expérimentale facilitera l’étude de cette maladie et la recherche de meilleurs traitements

Par : Jean Hamann
Cette peau produite par génie tissulaire présente de nombreuses similarités avec la peau de personnes atteintes de psoriasis.
Cette peau produite par génie tissulaire présente de nombreuses similarités avec la peau de personnes atteintes de psoriasis.
Des chercheurs du Laboratoire d’organogénèse expérimentale (LOEX) sont parvenus à cultiver in vitro du tissu cutané présentant plusieurs points communs avec la peau des personnes atteintes de psoriasis. Les nombreuses similitudes morphologiques, fonctionnelles et biochimiques entre les deux tissus portent à croire que ce modèle cutané facilitera l’étude des mécanismes responsables du psoriasis et l’évaluation de nouveaux traitements. Jessica Jean, Marc Lapointe et Roxane Pouliot, de la Faculté de pharmacie, et le dermatologue Jacques Soucy, de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, livrent les détails de cette innovation dans un récent numéro du Journal of Dermatological Science.
   
Pour obtenir cette peau, les chercheurs du LOEX ont d’abord procédé à la culture in vitro des fibroblastes, un type de cellules cutanées. En superposant deux feuillets de ces fibroblastes, ils ont constitué une couche qui fait office de derme dans leur tissu. Ils ont ensuite déposé sur ce derme des kératinocytes, un autre type de cellules cutanées, prélevées par biopsie chez des personnes atteintes de psoriasis. Ces cellules se multiplient et forment l’équivalent d’un épiderme. Les deux couches de cellules s’autoassemblent et la résultante présente de nombreux points communs avec une peau psoriasique: différenciation accélérée des kératinocytes — le renouvellement de la peau est cinq fois plus rapide chez les personnes psoriasiques que chez les personnes saines — conduisant à l’épaississement de l’épiderme, surexpression de certaines protéines et sous-expression de certaines autres. «C’est un modèle simplifié de peau, mais il nous permet de décortiquer les mécanismes de la maladie, souligne la professeure Pouliot. Nous pensons maintenant y intégrer des vaisseaux sanguins et des cellules immunitaires pour étudier le rôle de l’inflammation dans l’évolution de la maladie.»
   
Jusqu’à maintenant, l’absence de modèles reproduisant fidèlement le psoriasis a freiné la progression des recherches portant sur ses causes et son traitement. Les modèles in vitro et les modèles animaux de cette maladie présentaient tous certaines lacunes. «Notre modèle se distingue des autres méthodes in vitro parce qu’il est produit uniquement à partir de cellules de peau humaine. Quant aux modèles animaux, ils ne développent pas la maladie à tout coup, explique Roxane Pouliot. Or, les bons taux de réussite que nous obtenons lors de la réalisation de nos substituts psoriasiques en font des outils de choix pour effectuer des tests toxicologiques ou pharmacologiques.»     

Le psoriasis est une maladie cutanée dont les causes font encore l’objet de spéculation. Elle se caractérise par des phases aiguës, lors desquelles la peau se couvre de plaques rouges, suivies de périodes de rémission au cours desquelles les lésions disparaissent. Dans sa forme bénigne, elle se limite à certaines parties du corps mais, dans les cas graves, la totalité du corps est atteinte. Aucun traitement ne guérit complètement le psoriasis, mais des crèmes ou des médicaments permettent d’en modérer les poussées. Environ 2 % de la population mondiale doit composer avec cette maladie.

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