Recherche

Prévenir la vulnérabilité

Un programme de recherche novateur sur les glissements de terrain au Québec voit le jour

Dans un contexte d'adaptation aux changements climatiques, le ministère de la Sécurité publique (MSP) et l'Université Laval, en collaboration avec le ministère des Transports du Québec (MTQ), ont mis sur pied un programme de recherche sur les glissements de terrain au sein du Laboratoire d'études sur les risques naturels (LERN).

Depuis 1970, le Québec, comme la plupart des sociétés dans le monde, doit composer avec une hausse de la fréquence et de l'importance des sinistres. L'augmentation de la fréquence et de l'intensité des phénomènes météorologiques extrêmes découlant des changements climatiques conjuguée à l'urbanisation contribue à cette situation.

Dans ce contexte, il importe d'agir maintenant afin d'assurer la sécurité de la population et le développement d'infrastructures, dans le respect des principes de développement durable et pour une société plus résiliente (Politique québécoise de sécurité civile 2014-2024). Ce programme de recherche novateur, appuyé financièrement par le gouvernement du Québec dans le cadre du Plan d'action 2013-2020 sur les changements climatiques, permettra de mieux comprendre les risques liés aux différents phénomènes naturels et d'agir en amont pour éviter de potentiels sinistres.

«Le principal objectif de cette collaboration entre le gouvernement du Québec et l'Université Laval est d'améliorer les connaissances sur les glissements de terrain et l'implication des changements climatiques dans leur déclenchement afin de mieux planifier l'utilisation du territoire dans les zones vulnérables à cet aléa naturel. En outre, le développement de meilleures pratiques d'intervention pour la prévention et l'atténuation des risques liés aux glissements de terrain et la formation de personnel hautement qualifié dans le domaine sont aussi des enjeux importants auxquels nous devons répondre», indique la professeure Ariane Locat, du Département de génie civil et de génie des eaux, très impliquée dans cette collaboration.

Rendu possible grâce à un soutien financier de 2,18 M$ du Fonds Vert, le programme de recherche comprend quatre projets menés par trois professeurs de la Faculté des sciences et de génie de l'Université Laval: la professeure Ariane Locat du Département de génie civil et de génie des eaux, et les professeurs Jean-Michel Lemieux et Richard Fortier du Département de géologie et de génie géologique. Les quatre projets sont:

1. Influence du climat sur la stabilité des pentes dans les argiles marines du Québec: développement et exploitation d'un réseau de stations d'observation


Un réseau de stations de mesures à haute résolution spatio-temporelles des conditions d'eau souterraine, du fluage de talus et des conditions météorologiques sera mis en place au Québec afin de documenter et de comprendre les répercussions des changements climatiques sur la stabilité des talus situés dans des dépôts d'argiles sensibles du Québec. «L'exploitation de ce réseau permettra le développement de critères de surveillance adaptés aux talus argileux. L'ensemble des données récoltées prendra, entre autres, la forme d'un ‘‘catalogue public'' des conditions hydrogéologiques dans les talus argileux afin de fournir des balises aux ingénieurs en géotechnique pour la réalisation de leurs études de stabilité de pentes dans les zones potentiellement exposées aux glissements de terrain», précise Jean-Michel Lemieux.

2. Analyse et modélisation de la propagation des débris de coulées argileuses non confinées


Les grands glissements de terrain de type «coulée argileuse» peuvent représenter deux types de danger pour la population. Si on maîtrise relativement bien actuellement la délimitation des zones pouvant potentiellement être emportées par ces glissements, la délimitation des superficies qui peuvent être touchées par l'écoulement de leur débris est moins bien documentée pour l'instant, selon Denis Demers, chef de la Section des mouvements de terrain au ministère des Transports. Dans le cadre de ce projet, les experts du Québec et ceux de la Norvège coopéreront tant sur le plan de l'échange d'expertise que sur celui de l'avancement de la recherche afin d'améliorer les connaissances sur la mobilité des débris des glissements fortement rétrogressifs. «Nous mettrons au point des outils de modélisation appuyés sur des travaux de terrain et de laboratoire afin de contribuer à la cartographie des zones potentiellement exposées à de tels glissements de terrain», explique Ariane Locat.

3. Rupture progressive et étalements dans les argiles sensibles de I'Est du Canada


«Dans l'état actuel des connaissances, les mécanismes à l'origine des grands glissements de terrain par étalement soulèvent encore de nombreux questionnements», mentionne Denis Demers. Ce projet de recherche s'articule autour de deux axes: 1) les investigations détaillées de cas historiques d'étalement et 2) la modélisation numérique de la rupture progressive. Grâce à l'analyse de ces cas, la cinématique complexe des étalements sera mieux comprise, alors que la modélisation confirmera le rôle de la rupture progressive dans les mécanismes de déclenchement et de propagation de la surface de rupture lors de la dislocation du sol sous-jacent. Ultimement, en améliorant les connaissances sur leur mécanisme de rupture, les zones potentiellement exposées à ce type d'aléa pourront être mieux identifiées et cartographiées.

4. Corrélation entre la résistivité électrique des sols argileux et certaines propriétés géotechniques – Phase II


La cartographie des zones sensibles aux glissements de terrain dans les argiles sensibles peut être appuyée par une investigation géophysique de ces zones à l'aide de la tomographie de résistivité électrique. La pertinence de cette approche sera confirmée sur des sites où des cicatrices de glissements de terrain sont visibles afin de délimiter les zones d'argiles sensibles. «Parmi les avantages de la tomographie de résistivité électrique, il faut noter sa réalisation beaucoup moins dispendieuse que le déploiement des méthodes conventionnelles de prélèvements d'échantillons de sol et d'essais de pénétration au piézocône», souligne Richard Fortier.

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

Demande d’information

Suivez nous!