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«Pourquoi moi?»

Une équipe de chercheurs en psycho-oncologie démarre un projet visant à aider les personnes atteintes de cancer à trouver un sens à leurs souffrances

Par : Renée Larochelle
Claire sort de chez le médecin, ébranlée, abasourdie. Et pour cause: elle vient tout juste de recevoir un diagnostic de cancer. Du coup, sa vie n’a plus aucun sens. Au cours des prochains mois où elle aura à se battre contre la maladie, Claire passera par toute la gamme des sentiments. Au cœur de sa souffrance, une question lancinante hantera ses jours et ses nuits: «Pourquoi moi?», se demandera-t-elle. «Pourquoi cette chose m’arrive-t-elle à moi?» C’est pour aider ces personnes qu’une équipe de chercheurs a mis sur pied un projet pilote qui a la particularité de s’attacher à la dimension existentielle de l’expérience de la maladie. Ayant pour titre «La recherche de sens suite à un diagnostic de cancer non métastatique: intervention cognitive-existentielle pour améliorer la qualité de vie existentielle et globale», l’étude est dirigée par Pierre Gagnon, professeur agrégé à la Faculté de pharmacie et chercheur au Centre de recherche de cancérologie de l’Université Laval. L’étude est commanditée par Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

«Plusieurs programmes traitent efficacement la détresse émotionnelle mais occultent la dimension existentielle qui est pourtant centrale dans l’expérience du cancer», explique Pierre Gagnon, psychiatre en psycho-oncologie au Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) et à la Maison Michel-Sarrazin. «Tout comme les inquiétudes universelles face à la mort, à la quête de sens et au sentiment de contrôle sur sa vie, le questionnement sur le "pourquoi moi?" demeure très présent chez la personne atteinte de cancer car il n’existe pas de cause unique et identifiable à cette condition. Face à la maladie, la personne éprouve souvent de l’incompréhension et un désarroi total.»

Un fil conducteur
Le projet s’adresse aux personnes atteintes d’un cancer non avancé. Leur participation est sollicitée pour douze rencontres hebdomadaires de groupe ou individuelle, animées par des psychologues. Des mesures de qualité de vie existentielle et globale des participants à l’étude sont prises notamment au début, au milieu et à la fin du programme. But de l’opératio : améliorer la qualité de vie existentielle et globale des personnes atteintes de cancer par le biais d’un espace de parole, de partage et d’entraide.
«La dimension existentielle de la maladie demeure encore un sujet tabou et difficile à aborder dans notre société, constate Pierre Gagnon. Pourtant, il est nécessaire d’inclure cette dimension dans la médecine moderne. On parle de trouver un fil conducteur à travers des choses simples, qui va permettre au patient de découvrir un sens à sa souffrance. Par exemple, nous pourrions l’inciter à se demander: "Peu importe ma situation, qu’est-ce que je peux donner aux autres?"» 

La phase pilote de cette étude débutera en mars. Les personnes qui souhaitent avoir plus de renseignements sur le projet doivent s’adresser à Marie-Anik Robitaille, coordonnatrice de recherche, au 525-4444, poste 20692, ou par courriel à: ma.robitaille@crhdq.chuq.qc.ca

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