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Poids des villes et poids des champs

Une étude sur la problématique du poids dans la région de Québec démontre l’importance de l’information à l’échelle locale pour une approche efficace de santé publique

Par : Yvon Larose
À Baie-Saint-Paul, la tendance à faire de l'excès de poids s'avère significativement plus faible que dans le reste de la région administrative de la Capitale-Nationale.
À Baie-Saint-Paul, la tendance à faire de l'excès de poids s'avère significativement plus faible que dans le reste de la région administrative de la Capitale-Nationale.
À une centaine de kilomètres à l’est de Québec, dans le cadre enchanteur de la région de Charlevoix, la petite localité de Baie-Saint-Paul constitue, pour ses quelque 7 000 citoyens, un milieu de vie où la tendance à faire de l’excès de poids s’avère significativement plus faible que dans le reste de la région administrative de la Capitale-Nationale. Cela contredit la constatation habituelle qui veut qu’en Occident, les milieux ruraux présentent une tendance plus élevée de l’excès de poids qu’en milieu urbain.

C’est là une des conclusions du dernier volet de la thèse d’Alexandre Lebel, un étudiant inscrit au doctorat en aménagement du territoire et développement régional. Le vendredi 12 mars, ce volet a fait l’objet d’une présentation au Musée de la civilisation de Québec à l’occasion du 15e Colloque étudiant pluridisciplinaire du CRAD. «À Baie-Saint-Paul, explique Alexandre Lebel, nous avons observé une sorte de cohésion entre les acteurs locaux qui, en fin de compte, pourrait aider à conserver ou à favoriser l’adoption de saines habitudes de vie et contribuer au fait que ce milieu de vie semble avoir un risque d’excès de poids plus faible.»

Alexandre Lebel a étudié deux milieux urbains, soit les quartiers Saint-Sacrement et Lairet à Québec, et deux milieux ruraux de la région de la Capitale-Nationale, Baie-Saint-Paul et Pont-Rouge. Il a animé des rencontres auxquelles ont participé 42 acteurs locaux bien au fait de leur milieu de vie. Ces acteurs ont identifié les différents facteurs qui, selon eux, favorisent ou limitent l’adoption d’habitudes de vie associées à un poids santé. Si les acteurs du quartier Lairet s’entendent sur quelques éléments sur lesquels agir de façon prioritaire, ceux de Baie-Saint-Paul s’accordent pour agir sur un plus grand nombre et une plus grande diversité d’éléments.

«Les principales observations démontrent que, de façon globale, certains éléments des milieux, dont les formes urbaines, les commerces de proximité et l’accessibilité physique à des aliments sains, ne semblent pas être perçus comme étant des facteurs importants à considérer, indique Alexandre Lebel. À l’opposé, tout ce qui touche à l’activité physique semble faire partie des principales préoccupations. De plus, les éléments relatifs à la cohésion sociale sont généralement reconnus importants pour l’état de santé de la population, comme à Baie-Saint-Paul.»

Ces recherches ont conduit à la cartographie de l’ensemble de la perception des acteurs locaux quant à l’effet du milieu de vie sur la pratique d’activité physique et l’alimentation. Selon Alexandre Lebel, les données recueillies mettent en évidence les concepts sous-jacents sans qu’ils soient nécessairement connus des acteurs locaux. «La carte conceptuelle, poursuit-il, peut servir à évaluer et à planifier les activités relatives à la problématique du poids dans chacun des milieux étudiés. Elle pourrait offrir un excellent point de départ pour établir un plan d’action dans un contexte où l’on désirerait faire intervenir l’aménagement du territoire pour favoriser l’activité physique et l’alimentation.»

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