Recherche

Piment ? Poivre ? Thé vert ?

Une bonne dose de discipline est essentielle pour profiter du potentiel des ingrédients fonctionnels contre l’obésité

Par : Jean Hamann
Le piment fort, le poivre, les épices, le thé noir, le thé vert et le café contiennent tous des composés qui peuvent produire un effet mesurable sur l’équilibre énergétique, mais encore faut-il que ces armes légères contre l’obésité soient utilisées avec rigueur pour livrer leur plein potentiel sur le terrain. C’est la conclusion à laquelle arrive un groupe de chercheurs après avoir passé en revue les études publiées au cours des dernières années sur ces ingrédients fonctionnels. Dans un récent numéro de la revue Physiology & Behavior, Sonia Bérubé-Parent et Angelo Tremblay, de la Division kinésiologie du Département de médecine sociale et préventive, et les chercheuses Westerterp-Plantenga, Diepvens et Joosen, de l’Université de Maastricht aux Pays-Bas, constatent que les effets parfois spectaculaires mesurés en laboratoire passent mal la rampe dans la vraie vie.
        
Au fil des ans, Angelo Tremblay et son équipe ont apporté leur contribution à l’étude des molécules qui agissent sur la sensation de satiété, la réduction de l’appétit, l’augmentation de la dépense énergétique ou l’accroissement de l’oxydation des graisses. Ils ont notamment démontré que la consommation d'entrées épicées au piment fort réduisait de 200 calories la consommation alimentaire totale pendant le repas qui suit, un effet attribuable au produit actif du piment fort, la capsaïcine. Ils ont aussi établi que la consommation de caféine et de comprimés d'EGCG, un des principaux antioxydants contenus dans le thé vert, augmentait la dépense énergétique de 180 kilocalories par jour. Enfin, en guise de plat de résistance, ils ont démontré que la consommation de café et de piment fort parvenait à réduire la prise alimentaire quotidienne de près de 1 000 calories chez des sujets qui mangeaient pourtant à satiété.
        
«Ces chiffres sont impressionnants, mais il faut comprendre qu’ils sont obtenus en laboratoire, dans des chambres métaboliques où tout est contrôlé, prévient Angelo Tremblay. À ce titre, ils indiquent les meilleurs résultats qu’on puisse espérer dans un contexte de vraie vie. Les études semblent indiquer que lorsque les sujets sont laissés à eux-mêmes, l’observance des recommandations pose problème.» Le chercheur ne lance pas la serviette de table pour autant. «Ces composés sont des éléments de plus à considérer dans une stratégie globale de contrôle du poids.» Le défi, commente-t-il, consiste à les intégrer au régime alimentaire régulier des personnes. Question d’éviter qu’ils n’arrivent comme la moutarde après le repas.

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

Demande d’information

Suivez nous!