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Selon des données préliminaires, un grand nombre de randonneurs apprécient les aménagements forestiers effectués à la Forêt Montmorency

Par : Pascale Guéricolas
Une fois leur questionnaire rempli, les randonneurs se prenaient en photo dans le paysage.
Une fois leur questionnaire rempli, les randonneurs se prenaient en photo dans le paysage.
La neige craque sous vos pieds, tandis qu'un écureuil traverse en trois bonds le sentier pour aller s'enfouir au cœur d'une épinette et qu'un aigle effectue un vol de reconnaissance au-dessus du lac tout proche. Tiens, voilà le premier panneau explicatif. Après une courte observation du paysage autour de vous, vous démarrez votre application, téléchargée au pavillon d'accueil, afin de répondre aux questions posées.

Entre le 17 février et le 11 mars, plus d'une centaine de randonneurs de la Forêt Montmorency ont ainsi participé à une expérience avec l'aide de deux étudiants. Ils devaient donner leurs impressions durant une promenade dans un paysage modelé par les humains. Le but: recueillir des données sur la façon dont les promeneurs réagissent aux coupes forestières et aux infrastructures comme des chemins forestiers, que l'on trouve dans cet espace aménagé.

«Depuis la diffusion du documentaire L'Erreur boréale, qui dénonçait les coupes à blanc, on aurait pu penser que la plupart des gens ont une perception négative de l'aménagement forestier et de la récolte de bois, remarque Étienne Berthold, professeur au Département de géographie, à l'initiative de ce projet. Pourtant, la majorité des 112 personnes qui ont répondu au questionnaire ont semblé apprécier la vue sur les coupes forestières, même sur celles très visibles faites en 2010.» Curieusement, les promeneurs se montraient davantage critiques à propos des arbres laissés le long d'une rivière, car, derrière eux, ils apercevaient un espace à nu.

Le projet de recherche du géographe ne se limite pas, cependant, à une quinzaine de questions adressées aux randonneurs d'hiver de la Forêt Montmorency. Dans les prochains mois, Étienne Berthold et Anne Bernard, étudiante au doctorat en sciences forestières, vont aussi sonder les promeneurs d'été ainsi que les skieurs de fond de l'hiver prochain. En effet, chaque questionnaire doit s'adapter à la clientèle particulière qui fréquente la forêt en différentes saisons. Voir un chablis, autrement dit du bois coupé laissé sur place, en été au milieu des buissons ou l'hiver dissimulé sous une petite neige n'a pas exactement le même effet. Ce genre de test pourrait aussi être transposé à d'autres espaces forestiers où l'on retrouve des conducteurs de motoneige, des pêcheurs ou des chasseurs d'orignaux.

«Ce projet de recherche correspond à ma vision de la gestion intégrée des ressources, confie l'étudiante au troisième cycle qui a participé à ce projet. Je pense que l'on peut envisager un modèle économique forestier doté de valeurs biologiques. La coupe forestière, la chasse, la pêche et la randonnée peuvent coexister sur un même territoire.» Les résultats des questionnaires remplis par les promeneurs à la Forêt Montmorency montrent d'ailleurs clairement que certaines personnes apprécient les panoramas que procurent les grandes éclaircies forestières. Un des panneaux installés cet hiver se trouvait au sommet d'une portion difficile d'un sentier. Les réponses des courageux randonneurs qui ont bravé la pente montrent qu'ils ont une vue très dégagée sur le pavillon d'accueil et le lac Piché. Les premières données de cette recherche sur le terrain indiquent donc qu'un partage de la forêt entre différents utilisateurs semble possible.

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