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Nuits de rêve

Un sommeil de sept à huit heures favoriserait la régulation du bilan énergétique

Par : Jean Hamann
Les gens qui ont des nuits de sommeil trop courtes ou trop longues seraient plus susceptibles de prendre du poids, révèle une étude publiée dans le dernier numéro de la revue Sleep par Jean-Philippe Chaput, Jean-Pierre Després, Claude Bouchard (Pennington Biomedical Research Centre) et Angelo Tremblay. Les chercheurs de la Faculté de médecine ont analysé l’évolution du poids chez 276 personnes pendant six ans en fonction de la durée de leurs nuits de sommeil.
   
Ils ont ainsi découvert que le risque de prendre au moins 5 kg pendant cette période était plus grand chez les gens qui dorment moins de six heures (35 % plus élevé) ou plus de neuf heures (25 % plus élevé) que chez ceux qui dorment entre sept et huit heures par nuit. Le risque de devenir obèse va dans le même sens. Il augmente respectivement de 27 % et de 21 % chez ceux qui ont des nuits plus courtes ou plus longues que la moyenne. Ces risques subsistent même en tenant compte des habitudes de vie et du profil socioéconomique des sujets.
   
Selon les chercheurs, ces observations s’expliqueraient par le lien qui existe entre la durée de la nuit de sommeil et la dynamique de deux hormones, la ghreline et la leptine, qui ont des effets opposés sur l’appétit. Le manque de sommeil provoquerait une diminution de la concentration de leptine, une hormone qui stimule le métabolisme et diminue la faim. D'autre part, la concentration de ghreline, une hormone qui stimule l'appétit, augmenterait lorsque les nuits sont courtes. «Une nuit de sommeil de sept à huit heures est souhaitable afin de faciliter la régulation du bilan énergétique», résume Jean-Philippe Chaput.
   
Au cours des dernières décennies, la prévalence du surpoids a augmenté à mesure que la durée des nuits de sommeil raccourcissait, observe le chercheur. «En 1960, 7 % de la population américaine dormait moins de sept heures par nuit. En 2001, ce chiffre dépassait 16 %. Chez les enfants, la durée du sommeil est le principal facteur de risque de surpoids.» Malheureusement, le nombre d’heures que nous dormons échappe en bonne partie au contrôle de la volonté. Le stress, les obligations et les choix de vie font en sorte qu’il ne suffit pas de souhaiter avoir des nuits de sommeil normales pour que le rêve se réalise.

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