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Mystiques sans frontières

Les fondateurs de la Nouvelle-France ont marqué le pays de l’empreinte de leur foi

Par : Renée Larochelle
François de Laval, Marie de l’Incarnation, Catherine de Saint-Augustin, Jean de Brébeuf: ces figures mystiques de notre histoire sont indissociables de la fondation de la ville de Québec. «Leur départ de la France ressemble au départ d’un médecin sans frontières qui partirait dans un pays lointain et totalement inconnu pour s’occuper d’enfants abandonnés, dit Thérèse Nadeau-Lecour, professeure à la Faculté de théologie et de sciences religieuses. Chacun d’eux a répondu à un appel irrésistible et leur histoire est, à bien des égards, une histoire d’amour. Mais il ne s’agissait pas seulement de ressentir cet attrait; il leur fallait encore répondre librement et s’engager totalement, en laissant tout derrière eux. Ainsi, Marie de l’Incarnation quittera son fils, alors âgé de 19 ans, tout en sachant qu’elle ne le reverra plus.»
   
En marge du cours Les premiers maîtres spirituels de la Nouvelle-France, Thérèse Nadeau-Lacour participait récemment à une causerie-conférence intitulée «Des racines et des ailes: Aux origines spirituelles de la Nouvelle-France». S’il est vrai que l’éducation des filles amérindiennes et françaises et le soin des malades motivent à la base le départ de Marie de l’Incarnation et de Catherine de Saint-Augustin pour la Nouvelle-France, l’élan qui les pousse à traverser l’océan contre vents et marées s’inscrit dans un but encore plus noble, selon la théologienne. «Pour ces mystiques, il était insupportable que des êtres humains ignorent ce qui donnait un sens à leur vie, soit la connaissance et l’amour de Dieu, souligne-t-elle. Il y allait de leur dignité. Lorsque François de Laval fait tout ce qui est en son pouvoir afin que le trafic d’eau-de-vie cesse en Nouvelle-France entre les autochtones et les commerçants qui les exploitent, c’est ce même élan qui l’anime. Même chose pour Marie de l’Incarnation dont le soin du corps des fillettes amérindiennes est aussi important que celui de leur esprit. Contrairement à d’autres qui ne viendront en Nouvelle-France que pour faire fortune aux dépens d’indigènes qu’ils méprisent, ces fondateurs tenaient vraiment à ce que ces personnes soient traitées dignement.»

Un choix radical
Par ailleurs, à première vue, rien ne rapprochait ceux qui allaient devenir ces véritables fondateurs, socialement et culturellement parlant. Née Marie Guyart, Marie de l’Incarnation est le quatrième enfant d’un artisan boulanger de Tours, alors que François de Laval est le descendant d’une des plus anciennes et illustres familles de la noblesse française. Au-delà de ces différences culturelles et sociales, tous possèdent des personnalités et des tempéraments très forts. Chacun d’eux a eu à faire un choix radical à un moment déterminé de sa vie, qui s’apparente à une deuxième conversion, rapporte Thérèse Nadeau-Lecour. À la fois contemplatifs et tournés vers les autres, embrasés du même amour de Dieu, ils ont voulu donner leur vie en terre étrangère, montant au front armés des seuls signes de leur foi: charité, joie de vivre et extrême humilité.
   
Rappelons que la Faculté de théologie et de sciences religieuses propose d’autres conférences sur le thème des premiers maîtres spirituels de la Nouvelle-France, dans le cadre du 400e anniversaire de Québec, les 15 février, 14 mars et 11 avril prochains. Les conférences ont lieu à 19 h, à la salle de réception de l’École des Ursulines, au 4, rue du Parloir. Pour renseignements: 656-3576.
                      

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