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Mémoire d'outre-tombe

Passionnée par l’Égypte ancienne, Lydia Bhérer-Vida, étudiante en muséologie, a recensé la collection du Musée de la civilisation 

Par : Renée Larochelle
Du plus loin qu’elle se souvienne, Lydia Bhérer-Vidal a toujours été fascinée par les civilisations anciennes. Enfant, elle ne se lassait pas d’écouter les épisodes de la série télévisée des Mystérieuses Cités d’Or, un dessin animé où le héros, Esteban, quittait son Espagne natale et bravait vents et marées pour aller découvrir les mystères des civilisations disparues d’Amérique latine. Mais plus que tout, c’est l’Égypte, avec l’aura magnétique de ses gigantesques pyramides et de ses temples colossaux, qui a fini par enchanter cette jeune fille avide de mystère. À l’heure des choix universitaires, Lydia Bhérer-Vidal s’est dirigée vers des études en histoire de l’art à l’Université Laval, avant de s’inscrire au diplôme de 2e cycle en muséologie. Sachant que le Musée de la civilisation abritait une importante collection égyptienne, c’est tout  naturellement qu’elle a proposé aux responsables de remettre à jour la liste de ces trésors enfouis, dans le cadre d’un stage de deux mois effectué cet automne.

«C’est une collection qui n’avait jamais été étudiée en profondeur, souligne Lydia Bhérer-Vidal. Le Musée s’est montré tout de suite très intéressé par mon  projet. Essentiellement, il fallait voir de quoi se composait la collection et déterminer son importance par rapport aux autres collections en Amérique du Nord.» Ce travail de débroussaillage, comme elle le qualifie, lui a permis d’assouvir sa passion pour la civilisation égyptienne. «Tout commence en 1868 alors que l’abbé Bégin, enseignant au Petit Séminaire de Québec, ramène de son voyage en Égypte quelques momies, une centaine d’amulettes, de statuettes et de poteries, de même qu’environ 80 pièces de monnaie anciennes, révèle Lydia Bhérer-Vidal. Un véritable butin pour l’époque! La collection a d’abord servi à l’enseignement. En effet, comme les momies étaient bien conservées sous leurs bandelettes - les Égyptiens étant passés maîtres dans l’art de l’embaumement – on enlevait les bandelettes et on donnait des leçons d’anatomie aux étudiants.»

Le Temple du Soleil
L’une des pièces les plus connues de la collection est exposée non pas au Musée de la civilisation mais au Musée de l’Amérique française. Il s’agit d’une momie reposant dans son sarcophage datant de 1 500 ans av. J.-C., devant laquelle des générations de Québécois se sont extasiés, si on peut dire. «L’abbé Bégin avait ramené trois momies d’Égypte, deux d’âge adulte et une plus jeune, celle d’un enfant, raconte la muséologue. On a perdu la trace de la "jeune momie" dont j’ai su plus tard en lisant des documents qu’elle avait été offerte en cadeau par le Petit Séminaire de Québec au Séminaire de Chicoutimi en 1890. Malheureusement, le Séminaire de Chicoutimi a été détruit par un incendie en 1912 et la momie a dû s’envoler en fumée.»

Au cours de son stage au Musée de la civilisation, une expérience qui l’a confortée dans son choix de carrière, Lydia Bhérer-Vidal a fait ce qu’elle aimait le plus au monde: manipuler des objets pour elle magiques en les inscrivant dans le temps présent et remettre à la surface de la mémoire des morceaux d’histoire, de sorte que rien ne se perde. En attendant d’aller en Égypte, un rêve qu’elle caresse depuis l’enfance, Lydia Bhérer-Vidal visite les grands musées possédant d’importantes collections égyptiennes. Parmi ses coups de cœur figure le temple de Dendour qu’abrite le Metropolitan Museum of Art à New York et qu’on peut voir à travers une paroi vitrée. Construit sur ordre de l’empereur Auguste en l’honneur de la déesse Isis, l’oeuvre s’avère une pure merveille. «Le soleil éclairait le temple lors de ma visite, c’était extraordinaire, dit Lydia Bhérer-Vidal. Je me souviendrai toute ma vie de cet instant.»

Université Laval

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