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Marcher sur un fil

Une équipe de chercheurs en psycho-oncologie aide les personnes atteintes de cancer à trouver un sens à leurs souffrances

Par : Renée Larochelle
«Pourquoi cette chose m’arrive-t-elle à moi?» Voilà la question qui hante les personnes qui apprennent qu’elles sont atteintes de cancer. Pour les aider à donner un sens à leur vie, une équipe de chercheurs en psycho-oncologie dirigée par Pierre Gagnon, professeur à la Faculté de pharmacie et chercheur au Centre de cancérologie de l’Université Laval, a mis sur pied, en mars 2007, un projet pilote axé sur la dimension existentielle de l’expérience de la maladie. Au cours des douze rencontres animées par des psychologues, 33 personnes aux prises avec un cancer non avancé ont été invitées à se pencher sur différents thèmes, individuellement ou en groupe. Des mesures de qualité de vie ont été prises au début, au milieu et à la fin du programme. «Les participants ont affirmé être davantage en harmonie avec eux-mêmes et sentir que leur vie était moins vide de sens qu’avant», constate Pierre Gagnon, aussi psychiatre en psycho-oncologie au Centre hospitalier universitaire de Québec et à la Maison Michel-Sarrazin. «Ces résultats encourageants nous incitent à vouloir aider un nombre plus élevé de participants, dit Pierre Gagnon. Dès les prochaines semaines, d’autres groupes seront mis sur pied.»           

Amour, beauté et humour
Commanditée par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), l’étude a pour titre «La recherche de sens suite à un diagnostic de cancer non métastatique: intervention cognitive-existentielle et globale». Parmi les thèmes des ateliers figurent l’acceptation de soi et des autres, la recherche de sens par une attitude positive face à une souffrance inévitable, la quête de sens par l’amour, la beauté et l’humour, etc. On invite les personnes à faire leur ligne de vie et à y inscrire les moments marquants de leur existence, ceux dont elles sont les plus fières. À la maison, les personnes tiennent un journal de bord et pratiquent des exercices de relaxation enseignés lors des rencontres. Une seule œuvre littéraire est recommandée. Il s’agit d’Oscar et la dame rose d’Éric-Emmanuel Schmitt, l’histoire prenante d’un petit garçon de 10 ans atteint de leucémie qui décide d’écrire une lettre à Dieu chaque jour durant 12 jours. 
   
«Plusieurs programmes traitent efficacement la détresse émotionnelle, mais occultent la dimension existentielle pourtant centrale dans l’expérience du cancer, explique Pierre Gagnon. Tout le questionnement sur le “pourquoi moi?” demeure très présent chez la personne atteinte de cancer, car il n’existe pas de cause unique et identifiable à cette condition. Face à la maladie, la personne éprouve souvent de l’incompréhension et un désarroi total.» Selon le chercheur, il est essentiel d’inclure la dimension existentielle dans la médecine moderne. «On parle de trouver un fil conducteur qui va permettre au patient de découvrir un sens à sa souffrance, souligne Pierre Gagnon. Par exemple, nous pourrions l’inciter à se demander: “Peu importe ma situation, qu’est-ce que je peux donner aux autres?”» Les personnes qui souhaitent avoir plus de renseignements sur le projet doivent s’adresser à Laurence Benoît-Bousquet, professionnelle de recherche, au 525-4444, poste 20684, ou par courriel à laurence.bousquet@crhdq.ulaval.ca
   

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