Recherche

L'ozone en hausse au Québec

Au cours des 30 dernières années, la concentration de ce gaz irritant a doublé dans l'air que nous respirons

Par : Jean Hamann
L'ozone est l'une des composantes majeures du smog. Depuis 1990, c'est au printemps que les concentrations d'ozone sont les plus élevées au Québec.
L'ozone est l'une des composantes majeures du smog. Depuis 1990, c'est au printemps que les concentrations d'ozone sont les plus élevées au Québec.
Dans la haute atmosphère, l'ozone est un gaz protecteur qui filtre une partie du rayonnement ultraviolet. À hauteur d'homme toutefois, il s'agit d'un gaz qui irrite les muqueuses des yeux et des poumons, qui provoque des crises d'asthme et qui contribue à la hausse de la mortalité observée en périodes de canicule. Or, une étude qui vient d'être publiée dans la revue Pollution atmosphérique par une équipe du Département de géographie révèle qu'au cours des 30 dernières années, la concentration de ce gaz a doublé dans l'air que nous respirons.

L'étudiant-chercheur Jean-Philippe Gilbert, la professeure Nathalie Barrette, également membre de l'Institut Hydro-Québec en environnement, développement et société, et le professeur associé Richard Leduc arrivent à ce constat après avoir analysé les données enregistrées entre 1974 et 2015 dans 45 stations du réseau de surveillance de la qualité de l'air du ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec. Les stations retenues par les chercheurs couvraient un vaste territoire allant d'est en ouest de la province, et de la frontière américaine jusqu'à la latitude du lac Saint-Jean.

Rappelons que l'ozone est un gaz légèrement bleuté qui compose une bonne partie du smog. Il est formé par l'action du rayonnement solaire sur des composés appelés précurseurs d'ozone; il s'agit surtout d'oxydes d'azote provenant des activités humaines ou encore de composés organiques volatils d'origine biologique et anthropique.

Le moindre de deux maux?


Les analyses des chercheurs montrent qu'après une période de relative stabilité entre 1974 et 1986, la concentration moyenne d'ozone a connu une progression constante, passant de 13,1 ppb (parties par milliard) en 1987 à 26,8 ppb en 2015. «Cette augmentation n'est pas uniforme sur tout le territoire étudié. Les hausses sont faibles en milieux forestiers ou agricoles, mais elles sont marquées en milieu urbain», commente Jean-Philippe Gilbert.

Par un curieux retour des choses, c'est l'amélioration d'une composante de la qualité de l'air qui expliquerait, en partie du moins, la hausse des concentrations d'ozone. «L'adoption de mesures plus sévères pour les pots d'échappement des automobiles a provoqué une importante diminution des concentrations du monoxyde d'azote (NO) dans l'air. En conditions naturelles, ce gaz réagit spontanément avec l'ozone (O3) – il forme alors du dioxyde d'azote (NO2) et de l'oxygène (O2) –, ce qui réduit d'autant l'abondance de l'ozone. Comme la concentration de NO a diminué, il y aurait moins d'ozone qui serait “détruit” par cette réaction et il y en aurait davantage dans l'air», avance l'étudiant-chercheur, qui estime que la qualité de l'air y a tout de même gagné au change.

Même si les concentrations d'ozone observées au Québec sont en hausse, les dépassements des seuils jugés sécuritaires pour la santé humaine sont plus rares maintenant qu'il y a 30 ans, signale Jean-Philippe Gilbert. «La hausse de ce gaz en basse altitude n'est pas souhaitable, mais la situation n'est pas encore inquiétante, juge-t-il. Il faudrait tout de même viser à stabiliser la concentration d'ozone en réduisant les émissions de gaz précurseurs d'ozone.»

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

Demande d’information

Suivez nous!