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L'ovni muséal de Tito Dupret

Cet étudiant au doctorat a «panophotographié» 250 sites du patrimoine mondial

Par : Pascale Guéricolas
Grande colonnade, Palmyre, Syrie
Grande colonnade, Palmyre, Syrie
Les 25 et 26 mars, des gestionnaires de collections muséologiques universitaires d’ici et d’ailleurs, notamment de Strasbourg mais aussi d’un musée parisien des arts et traditions, vont réfléchir à la façon de mettre en valeur ces artefacts, à l’invitation du LAMIC, le Laboratoire de muséologie et d’ingénierie de la culture. Ils échangeront sur l’utilisation d’outils numériques et tenteront de comprendre comment l’arrivée de nouvelles technologies bouleverse de fond en comble la muséologie.
   
Les participants au Symposium sur la gestion des collections universitaires vont d’ailleurs pouvoir expérimenter en direct ces changements grâce à l’expérience menée par Tito Dupret. Ce documentariste et journaliste parcourt la planète depuis plusieurs années, notamment pour croquer le portrait de 250 sites mondiaux en panophotographie. Ses clichés permettent aux visiteurs du site www patrimonium-mundi.org de littéralement pénétrer dans l’image d’un lieu. D’un simple clic, l’internaute peut en effet zoomer sur la photo, reculer et explorer l’endroit sur 360 degrés. Depuis peu, Tito Dupret a entrepris un doctorat, sous la direction du professeur Philippe Dubé, directeur du LAMIC et organisateur du Symposium. D’où l’idée de plonger les participants au cœur de ces images dans la salle du restaurant Le Cercle. Sept écrans sont installés sur les murs du local et de la vitrine, sur lesquels Tito Dupret projette simultanément une série d’images, en trois actes.

Le premier acte traite de culture classique par les photos prises sur le site du patrimoine mondial de Palmyre en Syrie, un site archéologique sur lequel se trouvent les vestiges de la capitale extrême-orientale de l’Empire romain. Acte II, l’art contemporain avec les panophotographies prises dans la Demeure du Chaos. Cette propriété de l’artiste Thierry Ehrman, dans la région de Lyon, on pourrait la décrire comme un décor apocalyptique avec son hélicoptère écrasé et ses murs défoncés traduit selon cet artiste de l’esprit post-septembre 2001. Enfin, les convives du restaurant du Cercle vont se retrouver en pleine nature, sur le sentier à quelques milliers de mètres d’altitude qui mène au camp de base de l’Everest. À cette plongée visuelle va se combiner une ambiance musicale correspondant aux trois lieux, ainsi qu’une expérience du goût. Le chef David Forbès a concocté des mets qui s’accordent aux images des lieux évoqués, associant par exemple l’olive de la méditerranée aux statues romaines de Palmyre.

«Il s’agit d’une autre version de l’immersion, explique Tito Dupret. On ne se rend pas compte que nous passons sans cesse d’un espace à l’autre, car nous nous adaptons constamment. Sans reproduire totalement l’expérience d’un site patrimonial, la technologie permet d’amener le visiteur à l’expérimenter en créant autre chose.» Passionné par l’idée que le patrimoine de l’humanité appartient à tous, le panophotographe espère bien que son expérience va procurer un moment de détente aux participants du Symposium, puis au grand public qui fréquentera le restaurant. Le temps d’un repas, les convives vont-ils saisir l’invitation et oublier le quartier Saint-Roch pour s’envoler vers une oasis de Syrie, la région lyonnaise et les montagnes de l’Himalaya? Nul ne le sait pour l’instant. Comme le fait remarquer le doctorant, il s’agit d’un ovni muséal ou, autrement dit, de la muséologie pas encore identifiée. Le restaurant Le Cercle loge au 228 ½ de la rue Saint-Joseph Est.

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