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Loin d'une simple balade dans le parc

Les tremplins, les demi-lunes et les jeunes surfeurs constituent une combinaison à risque dans les parcs à neige

Par : Jean Hamann
Dans les parcs à neige, le risque de blessures est 4,2 fois plus élevé chez les surfeurs que chez les skieurs. De plus, les usagers masculins de ces installations courent 3,1 fois plus de risques de blessures que les femmes.
Dans les parcs à neige, le risque de blessures est 4,2 fois plus élevé chez les surfeurs que chez les skieurs. De plus, les usagers masculins de ces installations courent 3,1 fois plus de risques de blessures que les femmes.
Les interventions visant à réduire les blessures dans les parcs à neige devraient cibler prioritairement les jeunes surfeurs ainsi que les modules de type tremplin ou demi-lune. Voilà les principales conclusions qui se dégagent d'une étude qui sera présentée dans quelques jours à Monaco par des chercheurs de l'Université Laval, de l'Université de Calgary et de l'Université York, à l'occasion de l'International Olympic Committee World Conference on Prevention of Injury and Illness in Sports.

Olivier Audet, doctorant au Département de kinésiologie, son directeur de thèse Claude Goulet, du Département d'éducation physique, sa codirectrice Alison Macpherson, de l'Université York, et leurs collaborateurs albertains Tatum Priyambada Mitra, Carolyn A. Emery et Brent E. Hagel arrivent à ces conclusions après avoir passé en revue 10 études scientifiques documentant les blessures subies par les usagers des parcs à neige. Pour les non-initiés, les parcs à neige sont des espaces dans lesquels les stations de ski installent des modules – des tremplins, des demi-lunes, des quarts-de-lune et des rails, par exemple – permettant aux skieurs ou aux surfeurs des neiges d'exécuter des manoeuvres acrobatiques.

Ces parcs à neige font de plus en plus d'adeptes et, comme en fait foi un nombre grandissant d'études, le nombre de blessés est à l'avenant. Ainsi, un article publié il y a quelques années dans le Canadian Journal of Public Health par le professeur Goulet et ses collaborateurs avait montré que le risque de blessures graves — fracture simple ou multiple, dislocation, blessures à la tête, au thorax ou à l'abdomen — était 50% plus élevé chez les skieurs lorsque la blessure survenait dans un parc à neige plutôt que sur les pentes régulières des stations.

Cette fois, les chercheurs ont compilé les données provenant de 10 études afin de mieux cerner les éléments qu'il fallait cibler dans les interventions visant à réduire les blessures dans ces installations. L'analyse de quelque 14 500 cas de blessures indique que le risque est 4,2 fois plus élevé chez les surfeurs que chez les skieurs. De plus, les usagers masculins des parcs à neige sont 3,1 fois plus à risque de se blesser que les femmes. «Les adolescents qui pratiquent le surf dans les parcs à neige pourraient constituer une cible prioritaire pour les campagnes d'intervention», estime Olivier Audet à la lumière de ces résultats.

Les analyses des chercheurs montrent aussi que les demi-lunes et les tremplins sont associés à un risque accru de blessures. «Ces modules favorisent les manoeuvres qui créent une distance plus grande entre l'usager et le sol, constate le doctorant. Lorsqu'il y a chute, la force d'impact au sol est plus grande.» Une étude réalisée en 2012 par le professeur Goulet et ses collaborateurs avait montré que le fait d'enlever les tremplins dans les parcs à neige de deux stations avait fait passer la proportion de blessures graves de 19,3% à 14,5%, soit une diminution d'environ 25%.

«Nous sommes d'avis qu'il y a plus de bénéfices que d'inconvénients à la pratique régulière d'activités physiques comme le ski alpin et le surf des neiges. Pour cette raison, nous ne plaidons pas pour l'élimination des modules plus risqués ni pour des modifications qui dénatureraient les activités pratiquées dans les parcs à neige, insiste Olivier Audet. Nous voulons travailler de concert avec les stations de ski pour améliorer la sécurité des personnes qui pratiquent ces activités. L'une des façons d'y arriver est de mener des études d'intervention, ce qui n'a pas été fait jusqu'à présent, a révélé notre revue systématique de la littérature.»

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