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Les Québécois partants pour manger des insectes

Quelque 90% des gens qui ont déjà consommé des insectes sont prêts à répéter l'expérience

Par : Jean Hamann
Certains Québécois issus de l'immigration sont habitués de manger des insectes entiers, mais pour la plus grande partie de la population, il vaut mieux intégrer des farines d'insectes aux recettes, estime le professeur Grant Vandenberg.
Certains Québécois issus de l'immigration sont habitués de manger des insectes entiers, mais pour la plus grande partie de la population, il vaut mieux intégrer des farines d'insectes aux recettes, estime le professeur Grant Vandenberg.

Une enquête menée par une équipe de chercheurs de trois universités québécoises auprès de 715 personnes montre que la consommation d'insectes – l'entomophagie – a un fort potentiel au Québec. En effet, 90% des Québécois qui ont déjà consommé des insectes seraient prêts à recommencer, révèle l'étude parue dans le Journal of Insects as Food and Feed.

Les chercheurs ont sondé 583 francophones vivant en Europe et en Amérique du Nord, dont 472 Québécois, et 132 anglophones d'Amérique du Nord pour mesurer leurs connaissances et leurs attitudes par rapport à l'entomophagie.

Leurs analyses révèlent que:

  • Les Québécois francophones sont moins nombreux à avoir déjà goûté ou mangé des insectes (50%) que les Européens francophones (54%) ou les Nord-américains anglophones (62%).
  • Dans les trois groupes de répondants, plus de 90% des gens qui ont déjà mangé des insectes sont prêts à le refaire.
  • Les principaux freins à la consommation d'insectes sont l'apparence et la texture de ces produits ainsi que la force des habitudes alimentaires. Ces obstacles sont évoqués deux fois plus fréquemment par les Québécois francophones et les Européens que par les Nord-américains anglophones.

Adapter la mise en marché

«Nos résultats renforcent l'idée que la mise en marché des insectes doit être adaptée à la culture locale, souligne le responsable de l'étude, Grant Vandenberg, du Département des sciences animales de l'Université Laval. Certains Québécois issus de l'immigration sont habitués de manger des insectes entiers, mais pour la plus grande partie de la population, il vaut mieux intégrer des farines d'insectes aux recettes. Le contenu en protéines de ces farines, qui peut atteindre de 50 à 70%, en fait des ingrédients très intéressants.»

L'entomophagie n'est pas encore aussi répandue au Québec qu'ailleurs, mais elle a un bon potentiel de développement parce que de nombreux Québécois veulent adopter une alimentation plus durable. «Les enfants et les jeunes sont tout particulièrement attirés par l'idée de manger des insectes. Contrairement à leurs aînés, ils n'ont pas développé de dédain pour les insectes», souligne le chercheur.

À l'initiative du professeur Vandenberg et de ses collaborateurs, un colloque international ayant pour thème «Insects to Feed the World» devait être présenté à Québec en juin. Toutefois, l'épidémie de COVID-19 a forcé son report à juin 2021.

Les auteurs de l'étude parue dans le Journal of Insects as Food and Feed sont Louise Hénault-Éthier, Marie-Hélène Deschamps et Grant Vandenberg, de l'Université Laval, Didier Marquis, de l'Université Concordia, et Médhavi Dussault, de l'Université de Sherbrooke.

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