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Le podomètre, ça marche!

Un programme d'activité physique faisant appel à un compte-pas donne de bons résultats en réadaptation cardiaque

Paul Poirier: «La rétroaction instantanée fournie par le podomètre contribue à maintenir la motivation des participants et les stimule à atteindre leurs objectifs».
L'activité physique est fortement recommandée aux personnes qui se remettent d'un accident cardiaque, mais comment s'assurer que ces patients prennent régulièrement leur dose d'exercice? Une équipe de chercheurs, supervisée par Paul Poirier, professeur à la Faculté de pharmacie de l'Université Laval et membre du Centre de recherche de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, semble avoir trouvé une recette gagnante. Les ingrédients? Un programme de marche faisant appel à un podomètre et un encadrement adapté à cette clientèle.
   
Les chercheurs ont suivi pendant une année une soixantaine de patients qui avaient été victimes d'un syndrome coronarien aigu (infarctus ou angine instable). Avant de quitter l'hôpital, la moitié des sujets (groupe témoin) ont reçu les conseils d'usage sur l'activité physique, l'alimentation et la prise de médicaments, donnés par un médecin ou une infirmière. On leur remettait également un podomètre électronique qui comptait leurs pas sans toutefois les afficher. De leur côté, les sujets du groupe expérimental recevaient deux podomètres: le premier identique à celui du groupe témoin et le second muni d'un afficheur. De plus, un programme de marche, prévoyant une augmentation graduelle du nombre de pas à franchir chaque jour, leur était remis. Les sujets avaient également droit un encadrement sociocognitif sur les habitudes de vie et la santé. Cet encadrement, qui comportait six séances réparties sur 12 mois, était assuré par une infirmière spécialisée en réadaptation cardiaque.

Les résultats de cette intervention, publiés dans un récent numéro du Canadian Journal of Cardiology, démontrent qu'au départ le niveau d'activité physique était comparable dans les deux groupes, mais qu'il a divergé par la suite. Douze mois après l'hospitalisation, 83 % des sujets du groupe expérimental étaient actifs (plus de 7 500 pas par jour) contre 55 % dans le groupe témoin. De plus, les indices de qualité de vie, de santé et de capacité fonctionnelle étaient supérieurs chez les sujets du groupe expérimental.
   
«Nous croyons que la rétroaction instantanée fournie par le podomètre avec afficheur contribue à maintenir la motivation des participants et les stimule à atteindre leurs objectifs», commente Paul Poirier. Considérant que l'exercice physique est un élément important pour prévenir la récidive de problèmes coronariens aigus, les chercheurs concluent que le recours à cette approche originale est indiqué dans un programme de réadaptation cardiaque. «Je le recommande à mes patients et je pense que d'autres cardiologues vont faire de même au cours des prochaines années», ajoute-t-il.
   
L'article paru dans le Canadian Journal of Cardiology est signé par Julie Houle, Odette Doyon, Nathalie Vadeboncoeur, Ginette Turbide, Ariel Diaz et Paul Poirier.

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