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Le petit écran perd du galon

Les médias numériques détrônent la télévision comme principale source d'information au Québec, révèlent des chercheurs du Centre d'études sur les médias

Par : Matthieu Dessureault
Les médias numériques gagnent en popularité auprès des consommateurs d'information. En 2007, ils occupaient 8% du marché, puis 20% en 2013, avant d'atteindre 37% l'an dernier, soit 7% de plus que la télévision.
Les médias numériques gagnent en popularité auprès des consommateurs d'information. En 2007, ils occupaient 8% du marché, puis 20% en 2013, avant d'atteindre 37% l'an dernier, soit 7% de plus que la télévision.
À l'ère de l'information instantanée, la télévision connaît un net recul de popularité. En cause, tous ces petits appareils – ordinateurs, tablettes et téléphones intelligents – qui permettent de suivre l'actualité en temps réel. Près de 9 Québécois sur 10 les utilisent de façon régulière pour s'informer, selon une étude publiée par le Centre d'études sur les médias. «La popularité des médias numériques a crû à une rapidité étonnante. En 2007, ils occupaient 8% du marché de l'information, puis 20% en 2013, avant d'atteindre 37%, soit presque le double, en 2015. Pour la première fois, ils dépassent la télévision, qui détient 30% du marché. De moins en moins de gens écoutent la télévision, et ils le font de moins en moins longtemps», constate Daniel Giroux, secrétaire général du Centre d'études sur les médias.

Son étude, qu'il cosigne avec Sébastien Charlton et Michel Lemieux, a été menée par sondages auprès de quelque 500 Québécois francophones. Il s'agit du dernier coup de sonde d'un vaste projet de recherche sur l'évolution des pratiques de consommation de l'information lancé en 2007. Ces nouveaux résultats démontrent que l'utilisation des médias numériques n'est plus l'apanage des jeunes.

Aujourd'hui, la très grande majorité des Québécois possède un ordinateur. L'accès à la tablette est passé de 20% en 2013 à 53% en 2015. Celui au téléphone intelligent a également connu une hausse importante, passant de 50% à 71%. Toujours selon l'enquête, plus de la moitié des utilisateurs d'appareil mobile possèdent au moins une application leur permettant de lire des nouvelles. Ils utilisent aussi énormément les réseaux sociaux pour s'informer. Près de 40% des internautes y émettent des commentaires concernant des sujets d'actualité. La pratique est surtout répandue chez les moins de 45 ans, mais elle se propage chez les plus âgés.

Non seulement les médias numériques sont utilisés plus souvent, mais ils le sont pendant une plus longue période. De 2013 à 2015, le temps moyen consacré à ces technologies est passé de 19 à 37 minutes. La télévision, pour sa part, a vu sa place se réduire considérablement. Alors qu'elle est toujours le moyen d'information privilégié des 35 ans et plus, elle a perdu des plumes auprès de leurs cadets, qui préfèrent l'ordinateur et le téléphone intelligent.

Cela dit, Daniel Giroux ne croit pas que le traditionnel téléjournal de 22 heures disparaîtra de sitôt. «Le bulletin de nouvelles, tel qu'on le connaît, est là pour rester encore plusieurs années. Son auditoire, même s'il vieillit, demeure important. Les coûts d'un bulletin de nouvelles sont principalement liés à la collecte de l'information; rien n'empêche TVA et Radio-Canada de disséquer cette information en différents segments, puis de la rendre disponible sur Internet pour rejoindre les plus jeunes.»

La publication intitulée Les Québécois et l'information à l'ère numérique est disponible sur le site Web du Centre d'études sur les médias à cem.ulaval.ca.

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