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Le marché est le marché

La promotion et la distribution des produits alimentaires équitables devraient obéir aux mêmes règles de marketing que les produits traditionnels

Par : Renée Larochelle
Malgré les efforts d’éducation et de sensibilisation de différents groupes environnementaux auprès des consommateurs canadiens pour les inciter à acheter davantage de produits certifiés équitables, ces derniers ne représentent encore que 1 % des ventes  au Canada, soit l’équivalent d’une tasse de café par habitant annuellement. Les Québécois achètent davantage de produits équitables que les habitants des autres provinces mais il n’en demeure pas moins que ce marché est encore très marginal, comparativement à certains pays d’Europe comme la Suisse ou le Royaume-Uni. Selon Marie-Claude Trépanier qui a consacré son essai de maîtrise en administration des affaires au sujet, une consommation accrue de produits alimentaires équitables au Québec passe ni plus ni moins par l’utilisation des mêmes tactiques de distribution et de promotion que celles employées pour les produits alimentaires traditionnels. 

Dégustation, rabais et circulaires
«Il existe toutes sortes d’idées préconçues face aux produits équitables, rapporte Marie-Claude Trépanier, qui est conseillère en communication au Mouvement Desjardins. Par exemple, certaines personnes croient que le café  équitable a moins bon goût que le café ordinaire ou encore qu’il coûte plus cher. D’autres encore pensent que les produits équitables  s’adressent à une clientèle de type "grano"». Lors d’un colloque portant sur les nouvelles perspectives du marketing non-marchand qui a eu lieu les 7 et 8 mai à l’Université, Marie-Claude Trépanier a présenté les résultats d’un sondage effectué auprès de 408 Québécois en juillet 2008. L’enquête visait à mieux connaître leurs attitudes et préférences en matière de distribution et de promotion des produits alimentaires équitables. Interrogés sur le type d’endroit où ils préféraient voir distribuer ces produits, les répondants ont nommé, par ordre de popularité: le supermarché (95 %); les cafés et les restaurants (77 %); les magasins d’aliments naturels (62 %); les magasins entrepôt (48%) et, en tout dernier lieu, les magasins à grande surface (Zellers, Walmart, etc.). Près de la moitié des répondants (45 %) se disaient «plutôt en désaccord» avec le fait que les aliments équitables soient regroupés à l’épicerie, préférant que ceux-ci soient traités sur un pied d’égalité avec les autres aliments, et 78 % des participants affirmaient que la dégustation de produits sur place de même que des rabais les inciteraient à acheter.

La circulaire avait la cote auprès des répondants, lorsqu’on leur demandait de quelle façon ils aimeraient être informés sur les produits. Les répondants disaient que le discours de personnalités connues comme Laure Waridel, cofondatrice d’Équiterre ou comme l’environnementaliste David Suzuki pourrait influencer leurs habitudes d’achat. Enfin, le fait que les organisations du commerce équitable veillent à ce que les enfants et les travailleurs les plus pauvres ne soient pas exploités dans leur travail représentait un aspect très important pour la majorité des participants. Un axe de communication très important donc, pour promouvoir le commerce équitable. 

«Plus le consommateur a un bon niveau de connaissance du commerce équitable, plus sa fréquence d’achat de produits équitables est élevée, conclut Marie-Claude Trépanier. Il faut donc tout mettre en œuvre pour les faire connaître. Le commerce équitable au Québec est un marché riche en potentiel et à ce titre, l’emprunt aux tactiques de marketing traditionnel peut certainement en favoriser la croissance.»

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