Recherche

Le chercheur-ambassadeur

Le chercheur doit rester au cœur du processus de valorisation de ses découvertes

Par : Jean Hamann
Malgré les nouvelles technologies de l’information, les bons vieux congrès scientifiques seraient encore les meilleurs endroits pour établir des ponts entre universitaires et industriels. C’est ce qui se dégage des propos tenus par les participants à une table ronde présentée le 28 octobre sur le campus lors du forum sur la valorisation de la recherche en sciences de la santé. «Suivre la littérature scientifique sur Internet, c’est bien, mais il n’y a rien de tel que le face-à-face dans des congrès scientifiques pour établir des contacts avec les gens de l’industrie», a déclaré Michel G. Bergeron devant les quelque 125 personnes qui prenaient part à l’événement organisé par le Vice-rectorat à la recherche et à la création, avec la collaboration des compagnies de recherche pharmaceutique du Canada (Rx&D).
   
Professeur à la Faculté de médecine, directeur du Centre de recherche en infectiologie (CRI) et entrepreneur chevronné, Michel Bergeron en connaît un bout sur le transfert technologique, un domaine dans lequel il trempe depuis une vingtaine d’années. En 1995, il fondait Infectio Diagnostic pour assurer la commercialisation d’une technologie, mise au point au CRI, qui permet le dépistage rapide des maladies infectieuses. En 2006, cette entreprise était achetée par Becton, Dickinson and Company et elle emploie maintenant 300 personnes à Québec. Au cours des 5 dernières années, les chercheurs du CRI ont obtenu 28 brevets et 5 produits issus de leurs laboratoires ont été mis en marché. «Même s’ils peuvent compter sur l’appui d’un bureau de valorisation des innovations, les chercheurs universitaires qui font une découverte commercialisable restent toujours les mieux placés pour en faire la promotion. On ne peut pas confier cette tâche à quelqu’un d’autre et s’en laver les mains comme Ponce Pilate. Le chercheur doit rester au centre du processus de valorisation.»
   
Le directeur de la recherche au CHUQ, Jean-Claude Forest, abonde dans le même sens. «Les administrations peuvent encadrer et faciliter les démarches de valorisation des découvertes, mais les chercheurs sont les meilleurs ambassadeurs de leurs travaux auprès des entreprises. Ils sont les mieux placés pour établir des liens. Beaucoup de chercheurs qui réussissent dans leur domaine sont aussi des entrepreneurs ouverts aux collaborations avec les entreprises.»
   
Heureux hasard, les chercheurs de l’industrie agissent comme éclaireurs pour le compte de leur employeur lorsqu’ils participent à des congrès scientifiques. «Nos employés doivent repérer des chercheurs dont les travaux présentent un potentiel pour nous. Ils ont même des objectifs annuels à atteindre de ce côté», a signalé Philippe Walker, vice-président recherche chez AstraZeneca Canada. Pourtant, cette multinationale pharmaceutique ne manque pas de personnel en R-D: 13 000 de ses 66 000 employés œuvrent au sein de ses 17 centres de recherche établis dans 8 pays. Malgré cette armée de chercheurs, l’entreprise reste à l’affût des idées et de l’expertise des milieux universitaires. «Nous cherchons surtout l’excellence scientifique, la connaissance intime des maladies pour lesquelles nous développons de médicaments et un savoir-faire complémentaire au nôtre.»

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

Demande d’information

Suivez nous!