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L'argent ne fait pas leur bonheur

Les femmes entrepreneures de la région de la Capitale-Nationale visent plus l’équilibre entre leur vie personnelle et professionnelle que la réussite monétaire à tout prix

Par : Renée Larochelle
Pour les femmes entrepreneures de la région de la Capitale-Nationale (Québec, Portneuf, Charlevoix, Côte-de-Beaupré), le succès ne se définit pas en fonction du salaire ou encore du chiffre d’affaires de leur entreprise. En revanche, la persévérance et l’équilibre entre leur vie personnelle et leur vie professionnelle constituent des critères de réussite importants à leurs yeux. Telle est l’une des conclusions qui se dégagent de l’étude «Réalités, besoins et défis des femmes entrepreneures de la région de la Capitale-Nationale» dont la responsable est Hélène Lee-Gosselin, professeure au Département de management et titulaire de la Chaire Claire-Bonenfant – Femmes, savoirs et sociétés. Caroline Housieaux et Martine Villeneuve, deux étudiantes au doctorat, ont collaboré à cette recherche commandée par la Conférence régionale des élus de la Capitale-Nationale et la Table de concertation en condition féminine.
   
Au nombre de soixante, les répondantes ont été notamment interrogées sur leur définition du succès, leur relation à l’argent, leurs motivations à se lancer en affaires, le financement de leur entreprise et le défi de la conciliation travail-famille. Âgées de 22 à 64 ans, les deux tiers des entrepreneures détenaient un diplôme de niveau universitaire. Près de 75 % vivaient en couple et avaient des enfants. La moitié des répondantes étaient l’unique propriétaire de leur entreprise. La famille y jouait un rôle important: elles étaient ainsi 40 % à embaucher des membres de leur famille à temps plein ou partiel.
   
«Pour quatre entrepreneures sur cinq, soit 81 % des répondantes, l’argent occupe une place secondaire dans leurs motivations, explique Hélène Lee-Gosselin. L’entreprise devient vecteur de leur passion et de leurs valeurs, ou simplement l’emploi qu’elles se sont créé et qui leur permet de vivre. Le désir d’être son propre patron, la possibilité de se réaliser sur le plan professionnel, la recherche d’un certain style de vie et l’aspiration à l’autonomie sont autant de raisons qui ont amené ces femmes à démarrer leur entreprise.»

Par ailleurs, 48 % des participantes disaient avoir vécu des difficultés relatives à une demande de financement. «Plusieurs entrepreneures ont dû modifier leurs demandes d’aide ou leur projet d’entreprise pour finalement obtenir un emprunt moins substantiel que celui qu’elles espéraient, souligne Hélène Lee-Gosselin. Cela dit, il est normal que l’institution financière ou son représentant veuille gérer leur risque. Dans ce domaine, la confiance et le respect sont des dimensions incontournables. C’est lors d’une deuxième demande qu’a lieu le véritable test.» 

Enfin, de constater Hélène Lee-Gosselin, la conciliation travail-famille constitue un enjeu réel – mais pas un problème – pour les entrepreneures qui doivent jongler avec les multiples contraintes associées à leurs rôles de mère, de conjointe et de femme d’affaires. Dans 78 % des cas toutefois, elles affirment être satisfaites de leur situation. 


 

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