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La simplicité a bien meilleur goût

Gale West plaide en faveur d’un retour à l’essentiel en nutrition

Par : Jean Hamann
Le citoyen moyen qui s’assure de consommer sa dose quotidienne d’acide ellagique, de catéchine, d’épicatéchine, d’épigallo-catéchine gallate, d’acide eicosapentanoique et d’acide docosahexanoique sera peut-être en meilleure santé, mais il aura mal à la tête. «C’est devenu trop compliqué, ça n’a plus de bon sens», a lancé Gale West devant les 200 personnes qui participaient au colloque «Les ingrédients santé en nutrition: un pas de plus vers la prévention», qui se déroulait le 10 octobre au Château Frontenac.

Selon la professeure du Département d'économie agroalimentaire 
et sciences de la consommation, le problème actuel en matière de nutrition se résume simplement: il y a trop de mots incompréhensibles pour les consommateurs. «On les perd parce qu’on fait une mauvaise évaluation de leurs connaissances en alimentation», croit-elle. En cela, ils sont en bonne compagnie, ont révélé des études que la chercheuse a menées auprès de médecins et de nutritionnistes, les deux principales sources d’information de la population en matière d’alimentation. Ces professionnels ont obtenu de bien mauvaises notes à un test qui consistait à associer certains composés actifs avec les aliments dans lesquels on les trouve. En fait, à peine 40 % des nutritionnistes et 20 % des médecins se sentent bien informés au sujet des nutraceutiques et des aliments fonctionnels.

Aux yeux de la chercheuse, la leçon que l’industrie alimentaire doit en tirer est claire: il faut simplifier le message. «Il n’est pas nécessaire que les consommateurs connaissent le nom de tous les composés actifs. Il suffit souvent de dire que c’est bon pour la santé, que vous allez vous sentir mieux globalement si vous consommez ce produit. Si vous vous adressez à un public plus spécialisé, parlez des grands groupes d’ingrédients plutôt que des composés spécifiques.»

Malgré le lien que la grande majorité de la population établit maintenant entre les aliments et la santé, cette composante n’est pas prioritaire dans le choix des produits qui se trouvent dans le panier d’épicerie, ont révélé d’autres travaux réalisés par Gale West. Les consommateurs se laissent d’abord séduire par la composante «look santé». «Les gens veulent des aliments qui sont associés à la minceur, la beauté et l’allure sportive», résume la chercheuse. Ensuite viennent la saveur, le temps de préparation, le prix et finalement le fait que le produit favorise une bonne santé. Dans le contexte actuel où les parents travaillent à l’extérieur du foyer, que les repas du soir sont préparés entre les travaux scolaires des enfants, les tâches ménagères et la préparation des lunchs du lendemain, les nutritionnistes doivent dire à l’industrie alimentaire de refaire ses devoirs, affirme la chercheuse. «Les gens veulent des repas santé faciles à préparer et nos études indiquent qu’ils sont disposés à payer davantage pour se procurer ce genre de produits.»

Dans les faits, les ménages québécois dépensent moins d’argent qu’autrefois pour leur alimentation. En 1986, un ménage type consacrait l’équivalent de l’argent gagné entre le 1er janvier et le 27 février pour acquitter sa facture annuelle d’épicerie. En 2004, l’addition était réglée le 7 février.

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