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La main robotique Laval bientôt dans l'espace?

Le préhenseur conçu par l’équipe de Clément Gosselin a été repensé pour résister aux conditions spatiales dans lesquelles évolue le Bras canadien

Par : Jean Hamann
Clément Gosselin et Thierry Laliberté avec leur prototype initial, dans le Laboratoire de robotique, en mai 2006
Clément Gosselin et Thierry Laliberté avec leur prototype initial, dans le Laboratoire de robotique, en mai 2006
Au cours des derniers mois, une main robotique articulée conçue au Département de génie mécanique a été repensée pour être en mesure d’affronter les conditions extrêmes qui prévalent dans l’espace. En collaboration avec la firme MDA de Sainte-Anne-de-Bellevue, le professeur Clément Gosselin, directeur du Laboratoire de robotique et titulaire de la Chaire de recherche en robotique et mécatronique, et le professionnel de recherche Thierry Laliberté, ont revu le design de leur prototype dans cette optique. «Les ingénieurs de MDA nous ont apporté leur expertise en ce qui a trait aux contraintes de fonctionnement des systèmes mécaniques dans l’espace. Ils s’y connaissent bien parce que ce sont des équipes de cette entreprise qui ont construit le Bras canadien dont sont munies les navettes spatiales», souligne le professeur Gosselin. Un contrat octroyé à MDA par l’Agence spatiale canadienne a permis de financer les travaux effectués à l’Université.

Cette main robotique a plusieurs identités. D’abord nommée SARAH (Self-Adaptive Robotics Auxiliary Hand) à la suggestion de MDA, les médias n’ont pas pu résister à la tentation de l’appeler «la main québécoise du Bras canadien» parce qu’elle pourrait éventuellement remplacer l’actuel manipulateur du Canadarm. À l’Agence spatiale canadienne, on la désignerait toutefois sous le nom de «main Laval», une appellation qui ne déplaît pas à Clément Gosselin.

Quoi qu’il en soit, ce préhenseur est doté de trois doigts dont l'action mécanique s'adapte avec fluidité à la forme de l'objet qu’il saisit. Actionnée par deux moteurs électriques, cette main «intelligente» ajuste la force de préhension à la nature de l'objet manipulé. Elle peut saisir et soulever des objets lourds et rigides comme une brique ou un madrier, des petits objets plus fragiles comme une bague ou une balle de tennis ou encore des objets mous ou de forme irrégulière comme une éponge ou un gant de baseball (pour voir la main en action, consultez wwwrobot.gmc.ulaval.ca/films/SARAH-M1.mpg). La polyvalence de cette main en ferait un outil précieux lors de missions spatiales, notamment celles dont l’objectif est l’entretien ou la réparation de satellites.

Extérieurement, la nouvelle main ressemble au prototype initial, observe le professeur Gosselin. Toutefois, des ajustements importants ont été apportés, notamment aux moteurs. «Les moteurs électriques conventionnels ne sont pas fiables dans l’espace. Il faut des moteurs qui peuvent fonctionner dans le vide et qui résistent très bien au froid et aux radiations intenses», précise-t-il. Autre détail important, aucune pièce de plastique ne doit entrer dans la fabrication du préhenseur. «Les plastiques se détériorent rapidement dans l’espace et ils peuvent même se sublimer», ajoute-t-il. Les révisions au design seront complétées en mars, mais il semble acquis que l’adaptation de la main aux conditions spatiales est faisable, résume le chercheur.

«L’Agence spatiale canadienne fait la promotion de notre  préhenseur auprès de ses partenaires chaque fois qu’elle en a l’occasion», souligne le professeur Gosselin. Le contrat accordé à MDA par l’Agence pour la production d’une version prête-pour-l’espace de la main constitue un autre signal encourageant pour l’avenir de la main Laval, estime-t-il.

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