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La GSK3 dans le collimateur

Des souris dépressives livrent des secrets sur le rôle cette protéine dans les troubles de l’humeur

Par : Jean Hamann
Les personnes qui souffrent de dépression, d’anxiété, d’autisme, de schizophrénie et de trouble bipolaire partagent un point en commun: dans leur cerveau, les communications assurées par le neurotransmetteur sérotonine connaissent des ratés. Pas étonnant que ce composé soit la cible visée par plusieurs médicaments utilisés dans le traitement des problèmes de santé mentale. Ce qui plus surprenant par contre est que le mécanisme d’action de ce neurotransmetteur sur les comportements est encore grandement méconnu. Martin Beaulieu, professeur à la Faculté de médecine et membre du Centre de recherche Université Laval-Robert Giffard, et l’équipe de Marc Caron, de l’Université Duke en Caroline du Nord, viennent de lever en partie le voile entourant la question dans un article paru le 29 janvier dans les Proceedings of the National Academy of Sciences. Leurs travaux braquent résolument les projecteurs sur la GSK3, une protéine qui semble jouer un rôle clé dans la régulation de l’humeur par la sérotonine.
   
Pour faire cette démonstration, les chercheurs ont créé une lignée de souris qui produisent 80 % moins de sérotonine que les souris normales. Chez ces souris mutantes, la faible concentration de sérotonine est accompagnée d’une activation de la protéine GSK3 et de comportements typiques de la dépression (changements dans la vitesse de réaction, la mobilité, la sensibilité à la luminosité). Lorsque les chercheurs bloquent l’expression de la GSK3, soit génétiquement soit à l’aide d’inhibiteurs chimiques, les comportements dépressifs des souris sont aussitôt atténués. «La sérotonine semble agir sur l’humeur par l’intermédiaire de la GSK3», résume Martin Beaulieu.
   
En 2004, la même équipe de recherche avait démontré que l’inhibition ou l’activation de la GSK3 provoquait des comportements qui s’apparentaient à ceux du trouble bipolaire. Il y a un mois, ils annonçaient dans la revue Cell qu’ils avaient découvert un mode d’action du lithium sur le comportement. Le lithium, expliquaient-ils alors, agit sur des voies de signalisation cellulaire perturbées à la suite d’un dérèglement ayant une origine génétique ou environnementale. Là encore, la GSK3 faisait partie de la voie de signalisation en cause. «Cette protéine et les voies de signalisation dans lesquelles elle intervient constituent des cibles très intéressantes pour le traitement des maladies liées à une déficience en sérotonine», estime Martin Beaulieu.

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