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La bête lumineuse

Des chercheurs suivent les déplacements de chasseurs munis de GPS afin de cerner les facteurs liés au succès de chasse sur Anticosti

Par : Jean Hamann
L'étude comportementale des chasseurs pourrait mettre en lumière les mesures à préconiser pour maintenir le succès de chasse sur Anticosti.
L'étude comportementale des chasseurs pourrait mettre en lumière les mesures à préconiser pour maintenir le succès de chasse sur Anticosti.
Douze millions de dollars. Voilà la somme que laissent chaque année dans l’économie locale les 5000 personnes qui se rendent chasser le cerf à Anticosti. Une ombre plane toutefois sur l’avenir de cette importante activité économique. Les 160 000 cerfs qui arpentent ce territoire broutent intensivement tout ce qui leur tombe sous la dent, sauf l'épinette blanche, compromettant ainsi la régénération des sapinières qui leur servent de garde-manger et d’abri. Depuis un siècle, la superficie de ces peuplements a diminué de 50 % sur l'île et les sapinières toujours debout accusent leur âge, ce qui fait craindre un déclin important de la population de cerfs. Comment s’assurer que le succès de chasse demeurera toujours aussi élevé si un krach démographique devait survenir? La réponse pourrait bien venir des chasseurs eux-mêmes, croit une équipe de la Chaire de recherche industrielle CRSNG-Produits forestiers Anticosti en aménagement intégré des ressources forestières.
   
«Nous avons entrepris de cerner les facteurs qui limitent le succès de chasse à Anticosti et, selon les réponses que nous obtiendrons, il sera possible d’aménager les forêts de façon à atténuer ces contraintes», explique François Lebel, du Département de biologie. L’étudiant-chercheur a profité de la tenue du 6e colloque de la Chaire Anticosti, qui se déroulait le 30 janvier sur le campus, pour présenter les grandes lignes du projet de recherche qu’il mène sur la question avec le professeur Steeve Côté et le biologiste Christian Dussault, du ministère des Ressources naturelles et de la Faune.
   
Au cours des saisons de chasse 2007 et 2008, cette équipe de recherche a suivi les déplacements et les stratégies de 475 chasseurs qui portaient sur eux, lors de leur expédition quotidienne, un émetteur GPS. Les chercheurs ont ainsi obtenu les coordonnées précises de 670 sites d’abattage, ce qui leur a permis de caractériser les milieux associés à une chasse fructueuse. Les analyses préliminaires révèlent que la proximité des routes, des chemins forestiers et des sentiers joue un rôle important dans le résultat de l’expédition. Les biologistes ont aussi suivi en continu les déplacements quotidiens de leurs singuliers sujets expérimentaux. Les 549 tracés de déplacement sans abattage et les 453 tracés avec abattage qu’ils ont reconstitués leur permettront de caractériser les milieux traversés par les participants au cours de leur expédition et de déterminer l’effet des variables environnementales et de l’effort de chasse sur le succès des chasseurs.
   
Environ 8000 chevreuils sont abattus chaque année à Anticosti. «C’est le principal moteur économique de l’île, souligne François Lebel. Nous croyons qu’une meilleure connaissance des facteurs qui influencent le succès de chasse contribuera à conserver l’attrait de cette activité tout en accroissant son efficacité comme outil de gestion pour éviter une surpopulation de cerfs.»

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