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Entre l'enthousiasme et la prudence

La stratégie québécoise en recherche et innovation marque des points, mais il faudra voir comment elle s'articulera dans la pratique

Par : Jean Hamann
Dans l’ensemble, le vice-recteur à la recherche, Raymond Leblanc, accueille favorablement la nouvelle Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation, annoncée le 4 décembre par le premier ministre Jean Charest et le ministre Raymond Bachand, mais il s’inquiète de la place qu’elle réserve à la recherche fondamentale et aux sciences humaines. «Il faut attendre de voir comment tout cela va s’articuler en pratique dans les programmes», commente-t-il avec prudence.

Le vice-recteur estime qu’il est «intéressant que le gouvernement reconnaisse que l’avenir du Québec passe par l’économie du savoir et que les universités ont un rôle primordial à jouer dans le nouveau contexte économique imposé par la mondialisation». Selon lui, la stratégie, qui prévoit une injection de 888 M $ supplémentaires, appuie sur les bons boutons en liant le développement économique à des domaines de pointe comme la photonique, la génomique et les nanotechnologies, où le Québec peut se démarquer des économies émergentes. Il salue au passage la nouvelle enveloppe de 101 M$ consentis à la valorisation de la recherche et au transfert technologique.

La stratégie québécoise cible surtout des secteurs qui peuvent avoir des retombées immédiates, ce qui est compréhensible dans le contexte économique actuel, analyse-t-il. «Par contre, signale Raymond Leblanc, il faut s’interroger sur les effets à long terme que pourrait avoir un sous-financement de la recherche fondamentale. Qui aurait pu soupçonner les applications technologiques actuelles de la photonique lorsque les premiers lasers ont été mis au point? Une bonne stratégie de développement de la recherche et de l’innovation doit laisser place à la production de nouvelles connaissances.» Par ailleurs, le vice-recteur estime  que la stratégie rendue publique lundi néglige la portée économique des sciences humaines qui est pourtant significative dans des domaines comme l’évaluation des impacts sociaux de phénomènes tels que les changements climatiques. Il juge aussi que la stratégie sous-estime l’apport de la créativité artistique, qui incite des compagnies comme Ubisoft à s’établir au Québec.

Selon le vice-recteur, il est impossible de chiffrer pour l’instant, même de façon grossière, l’incidence qu’aura la nouvelle stratégie québécoise sur le financement de la recherche et du transfert technologique à l’Université Laval.

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