Recherche

En marche vers le déclin?

Un test de mobilité simple, rapide et peu coûteux permet d'établir le risque de déclin fonctionnel chez les personnes âgées autonomes

Par : Jean Hamann
Le test chronométré de lever de chaise sert à évaluer la mobilité d'une personne. Le sujet doit se lever d'une chaise, marcher à un rythme normal sur une distance de 3 mètres, puis revenir s'asseoir. Plus un sujet enregistre un temps élevé à ce test, plus il risque de connaître un déclin fonctionnel accéléré dans les mois qui suivent.
Le test chronométré de lever de chaise sert à évaluer la mobilité d'une personne. Le sujet doit se lever d'une chaise, marcher à un rythme normal sur une distance de 3 mètres, puis revenir s'asseoir. Plus un sujet enregistre un temps élevé à ce test, plus il risque de connaître un déclin fonctionnel accéléré dans les mois qui suivent.
Une chaise, un ruban à mesurer et une montre. Voilà tout ce qu'il faut pour réaliser un test permettant de déterminer si une personne âgée autonome qui se présente à l'urgence en raison d'un traumatisme mineur court le risque de connaître un déclin fonctionnel accéléré dans les mois qui suivent, suggère une étude publiée dans la revue Age and Ageing. L'utilisation systématique de ce test pour les personnes âgées qui se rendent à l'urgence à la suite d'une blessure mineure permettrait de mieux cerner celles qui doivent faire l'objet d'un suivi plus étroit, font valoir les auteurs de l'étude.

L'équipe de chercheurs arrive à ce constat après avoir étudié 911 patients autonomes de 65 ans et plus, recrutés dans 8 hôpitaux canadiens entre mars 2011 et juin 2015. «Ces sujets s'étaient rendus à l'urgence en raison de blessures résultant de chutes, d'accidents mineurs de la route ou d'entorses survenues lors de la pratique d'une activité physique. Leur état n'avait pas nécessité d'hospitalisation», souligne l'un des auteurs de l'étude, Marcel Émond, du Département de médecine familiale et de médecine d'urgence.

Ces personnes ont accepté de passer le test chronométré du lever de chaise au moment de leur visite à l'urgence ou dans les trois jours subséquents. «Il s'agit d'un outil couramment utilisé en physiothérapie pour mesurer la mobilité d'une personne, explique le professeur Émond. Le sujet doit se lever d'une chaise, marcher à un rythme normal sur une distance de 3 mètres, puis revenir s'asseoir.» De plus, les chercheurs ont utilisé le Older American Resources and Services Functional Scale pour évaluer les capacités fonctionnelles des participants. «Cet outil permet d'évaluer la capacité d'une personne à réaliser des tâches simples de la vie courante, précise-t-il. Les participants ont passé le test lors de leur visite à l'urgence et ils l'ont repassé 3 mois et 6 mois plus tard, ce qui nous a permis de suivre leur évolution.»

Les analyses des chercheurs révèlent que le risque de déclin fonctionnel accéléré augmente en fonction du temps obtenu au test chronométré. Ainsi, les patients dont le temps dépassait 30 secondes étaient jusqu'à 9 fois plus à risque de déclin fonctionnel accéléré dans les 6 mois suivants que ceux dont le temps était sous les 10 secondes. «Le test chronométré du lever de chaise est un outil simple, rapide et peu coûteux pour établir le risque de déclin fonctionnel d'une personne âgée autonome qui est en mesure de se déplacer, résume le professeur Émond. Par contre, un outil unique ne peut couvrir la diversité de cas qu'on trouve chez les personnes âgées. C'est pourquoi nous développons d'autres outils qui pourraient être utilisés en conjonction avec ce test.»

Au Canada, environ 15% des quelque 500 000 personnes âgées autonomes qui recourent chaque année aux services d'urgence à la suite d'un traumatisme mineur connaîtront un déclin fonctionnel et une perte de mobilité dans les 6 mois qui suivent. «Il faut profiter de leur visite à l'urgence pour les identifier afin de leur proposer des soins et des programmes de réadaptation ou d'activité physique pour prévenir ou atténuer ce déclin, explique Marcel Émond. Grâce à des fonds provenant des IRSC et du Canadian Frailty Network, nous allons nous pencher sur les meilleures façons d'associer les urgences et ces différents programmes.»

L'étude parue dans Age and Ageing est signée par 10 chercheurs canadiens, dont trois sont associés à la Faculté de médecine de l'Université Laval. Il s'agit du professeur Émond, de la professeure Marie-Josée Sirois, du Département de réadaptation, et de Debra Eagles, fellow à l'Université Laval au moment de l'étude et aujourd'hui professeure à l'Université d'Ottawa.

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

Demande d’information

Suivez nous!