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Dieu est-il vert?

Selon Frédéric Baudin, le chrétien a le devoir moral de prendre soin de la nature et de donner l’exemple en matière de saine gestion des ressources

Par : Yvon Larose
Le chrétien qui cherche à mettre sa foi en pratique ne peut demeurer indifférent devant le spectacle désolant de la dégradation progressive de l’environnement à l’échelle mondiale. Il se doit de montrer un certain exemple, une autre façon de vivre axée sur plus de sobriété et de modération, sur un souci de justice envers les plus pauvres et sur un désir de transmettre un patrimoine naturel sain aux générations futures.
Tel est le message qu’est venu livrer l’auteur et conférencier français Frédéric Baudin, le mardi 30 octobre, au pavillon Charles-De Koninck.

Ce diplômé en biogéographie-écologie, en lettres modernes et en théologie a notamment publié D’un jardin à l’autre aux éditions CEM en 2006, et Dieu est-il vert? aux éditions Croire Pocket en 2007. «En tant que chrétiens, a-t-il expliqué, nous avons foi en un Dieu de vie, un Dieu «vert» certainement, qui se préoccupe de sa Création et qui nous conduit à la respecter. Nous sommes tenus de cultiver et de garder cette Terre, d’avoir le souci d’une meilleure gestion de la Création. Pour cela, il faut changer nos modes de vie.» Selon Frédéric Baudin, ce changement signifie notamment économiser et protéger le patrimoine naturel confié par Dieu à l’humanité. «Les ressources naturelles sont limitées, a-t-il affirmé, et on n’a pas le droit de les gaspiller, entre autres le pétrole, une molécule dont on tire les applications les plus diverses.»

Dans son exposé, le conférencier a mis en relation la protection de la nature avec la foi en Dieu. Son argumentaire, il l’a puisé dans la Bible. Citant saint Paul, Frédéric Baudin a soutenu que «la nature porte l’empreinte du Créateur». Selon lui, le mal et l’idéal s’affrontent sur ce terrain qu’est le «jardin» confié aux hommes par Dieu. «Le monde reste marqué par la réalité du mal, a-t-il indiqué, mais l’idéal demeure. Cet idéal à atteindre est que l’homme assure la sauvegarde de l’ensemble de la Création.» Citant l’historien et sociologue Jacques Ellul, Frédéric Baudin a rappelé que non seulement l’homme appartient à la Création, mais qu’il en est le gérant. «Nous sommes tous appelés à mettre en œuvre le mandat culturel de gestion des ressources naturelles adressé à l’humanité par le Dieu créateur», a-t-il précisé.

Une des causes de la crise écologique actuelle est la croissance exponentielle de la population humaine qui devrait atteindre 9 milliards d’individus d’ici 50 à 100 ans. «Le défi, a expliqué Frédéric Baudin, consiste, dans l’esprit du développement durable, à trouver des solutions agricoles, industrielles et urbaines qui nuisent le moins possible à l’environnement, sans freiner le progrès.» La maîtrise excessive de la nature et la surexploitation des ressources ont de graves conséquences sur le plan écologique. Chaque année, il se perd 75 000 kilomètres carrés de forêts dans le monde. Chaque jour, de deux à trois espèces animales ou végétales disparaissent de la surface du globe. Se référant au philosophe Francis Schaeffer, Frédéric Baudin a soutenu que les chrétiens doivent apprendre à dire «Arrêtez!» «Prendre soin de la Création dans ce temps présent, a conclu le conférencier, c’est aussi une façon d’aimer Dieu et notre prochain.»

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