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Des probiotiques antigrippe

La consommation de probiotiques préviendrait jusqu'à 180 000 cas de grippe chaque année au Canada

Par : Jean Hamann
Deux méta-analyses récentes suggèrent que la consommation quotidienne de probiotiques sur une période de trois mois réduit l'incidence des infections respiratoires de 47%.
Deux méta-analyses récentes suggèrent que la consommation quotidienne de probiotiques sur une période de trois mois réduit l'incidence des infections respiratoires de 47%.
La réduction des infections grippales découlant de la consommation régulière de probiotiques permettrait de réaliser des économies annuelles pouvant atteindre 9 M$ en coûts directs de santé au Canada, en plus de réduire de 91 M$ les pertes de productivité au travail. Voilà les estimations auxquelles arrivent des chercheurs canadiens et européens au terme d'une simulation reposant sur des données réelles d'incidence d'infections de type grippal au Canada et sur l'efficacité des probiotiques dans la prévention des infections respiratoires. Les détails de cette étude, à laquelle a participé le professeur Denis Roy du Département des sciences des aliments, viennent de paraître dans PLOS ONE.

«Cette simulation est basée sur les données de deux méta-analyses récentes portant sur les probiotiques et sur des statistiques d'infections de type grippal», explique le professeur Roy. Les deux méta-analyses suggèrent que la consommation quotidienne de probiotiques sur une période de trois mois réduit l'incidence des infections respiratoires de 47%, le recours aux antibiotiques de 35% et l'absentéisme de 17%. De plus, les épisodes d'infection respiratoire sont raccourcis, en moyenne, d'environ 1,5 jour.

Les chercheurs ont eu l'idée de chiffrer les retombées cliniques et économiques de ces bienfaits pour l'ensemble du Canada. Pour y arriver, ils ont effectué une simulation à l'aide d'un échantillon représentatif de la population canadienne auquel ils ont appliqué les données d'incidence d'infections de type grippal compilées par Santé Canada. La période choisie, qui allait de septembre 2013 à août 2014, constituait une année moyenne pour la grippe. Les chercheurs ont aussi fait appel à différentes sources, dont Statistique Canada, pour fixer les paramètres de leur modèle, notamment la fréquence et le coût des visites médicales ainsi que le nombre de prescriptions et le coût des médicaments. Enfin, les chercheurs ont considéré que 12% des Canadiens sont des consommateurs réguliers de probiotiques. «Ce chiffre provient d'une enquête menée en 2012, signale Denis Roy. À ma connaissance, aucune enquête plus récente n'existe.»

La simulation montre que, selon le scénario le plus optimiste, la consommation régulière de probiotiques aurait prévenu 180 000 cas d'infections de type grippal, 2,3 millions de jours avec infection, 84 000 prescriptions d'antibiotiques et 500 000 jours d'absence au travail pendant l'année considérée.

Ces estimations ne tiennent compte que des infections respiratoires de type grippal qui on fait l'objet d'un diagnostic médical; elles n'incluent donc pas les gens qui ont pris leur mal en patience à la maison ni les cas de rhume, précisent les chercheurs. Les bienfaits des probiotiques pour l'ensemble des infections respiratoires pourraient donc être plus élevés que ce qui est rapporté dans l'étude. Par ailleurs, une augmentation de la consommation de probiotiques pourrait avoir un effet positif substantiel non seulement sur le système de santé, mais aussi sur les absences des employés qui sont atteints d'une infection respiratoire ou de ceux qui restent à la maison parce que leurs enfants ont contracté une infection respiratoire, font valoir les chercheurs.

L'étude parue dans PLOS ONE est signée par Irene Lenoir-Wijnkoop, de l'Université d'Utrecht, Laetitia Gerlier, de Danone, Denis Roy, de l'Université Laval, et Gregor Reid, de l'University of Western Ontario.

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