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Des images et des maux

L'imagerie médicale ne permet pas de déterminer les personnes atteintes de légionellose

Par : Jean Hamann
Legionella pneumophilia est une bactérie qui se transmet par voie aérienne et qui cause des problèmes respiratoires graves. Lors de l’éclosion de légionellose survenue à Québec en 2012, 181 personnes ont été infectées par cette bactérie et 13 d’entre elles en sont mortes.
Legionella pneumophilia est une bactérie qui se transmet par voie aérienne et qui cause des problèmes respiratoires graves. Lors de l’éclosion de légionellose survenue à Québec en 2012, 181 personnes ont été infectées par cette bactérie et 13 d’entre elles en sont mortes.
Il y a 5 ans, l'une des plus importantes éclosions de légionellose jamais enregistrées dans le monde frappait la ville de Québec. En moins de 8 semaines, 181 personnes contractaient cette maladie et 13 d'entre elles en mouraient. Une équipe de chercheurs de la Faculté de médecine a tiré parti de cet événement rare pour déboulonner une idée reçue en médecine: les premières manifestations de la maladie du légionnaire ne sont pas détectables par imagerie médicale.

Rappelons que la légionellose est causée par Legionella pneumophilia, une bactérie qui se transmet par voie aérienne et qui cause des problèmes respiratoires graves. «Le plus souvent, la maladie survient de façon sporadique et ce sont alors des personnes malades ou affaiblies qui en sont victimes, rappelle l'un des auteurs de l'étude, Yves Lacasse. Lors d'éclosions importantes, n'importe qui peut être touché parce qu'il y a une source qui émet de fortes concentrations de bactéries.» Lors de l'éclosion de 2012, ce sont les tours de refroidissement d'un édifice du centre-ville de Québec qui ont finalement été mises en cause.

Comme les éclosions de cette ampleur sont rares, les chercheurs y ont vu une occasion d'améliorer les connaissances sur cette maladie élusive en étudiant sa signature sur des radiographies et des images obtenues par tomodensitométrie axiale (scan). «L'idée que la légionellose a des particularités qui peuvent être détectées par imagerie médicale est encore fréquemment véhiculée aujourd'hui», signale Yves Lacasse, qui pratique la pneumologie à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ).

Pour tester la validité de cette idée, les chercheurs sont retournés dans les dossiers médicaux des personnes frappées par la légionelle lors de l'été 2012 afin d'examiner les radiographies et les scans de leurs poumons. Leurs analyses, publiées dans un récent numéro du Canadian Association of Radiologists Journal, n'ont révélé aucune particularité permettant de distinguer la légionellose des pneumonies causées par d'autres bactéries. «De plus, nous n'avons décelé aucune caractéristique qui permette d'établir un lien avec un risque accru de complications ou de mortalité», précise Yves Lacasse. L'imagerie médicale ne peut donc servir à déterminer les personnes qui sont atteintes de légionellose ou pour prédire la gravité de la maladie. Comme cette étude repose sur un nombre assez élevé de patients et sur des données probantes, le chercheur croit qu'elle pourrait remettre les pendules à l'heure pour de bon.

L'étude a été réalisée par une équipe de la Faculté de médecine formée de Rémi Poirier et Jean Rodrigue, du CHU de Québec – Université Laval, d’Yves Lacasse, du Centre de recherche de l'IUCPQ – Université Laval, et de Jasmin Villeneuve, de l'Institut national de santé publique du Québec.

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