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Des bois et des couleurs

L’acoustique et l’architecture de la salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm forment un tout indissociable

Par : Renée Larochelle
Tous les musiciens qui jouent à la salle de concert du Palais Montcalm vous le diront: la fausse note ne pardonne pas en ce lieu doté d’une acoustique frisant la perfection. Parlez-en à l’architecte et professeur à l’École d’architecture, Jacques Plante, qui connaît cette salle comme le fond de sa poche puisqu’il a travaillé à sa conception et à sa réalisation, de 2004 à 2007. La conférence qu’il y a prononcée le 10 septembre devant une centaine d’étudiantes et d’étudiants en architecture en aura sans doute convaincu plus d’un que l’acoustique et l’architecture du lieu de résidence des Violons du Roy forment un tout indissociable. «Nous voulions que les gens se sentent comme s’ils étaient à l’intérieur d’un instrument de musique, a expliqué Jacques Plante. C’est pourquoi nous avons utilisé des revêtements de bois dont les couleurs rappellent celles des instruments à cordes. Tout devait concourir à ce que l’atmosphère soit conviviale et chaleureuse. L’attention devait être portée sur la scène et non pas vers la salle, avec toujours au premier plan la musique.»
   
Sauf pour le mur arrière donnant sur la rue Dauphine qui a été légèrement arrondi, l’équipe d’architectes dirigée par Jacques Plante a dû composer avec les dimensions extérieures de ce bâtiment de style Art déco inauguré en octobre 1932 et qui abritait, en plus d’une salle de spectacles, une bibliothèque et une piscine. Par contre, tout l’intérieur a été démoli et le plancher a été abaissé pour donner plus de hauteur à l’édifice et ainsi offrir une meilleure acoustique dont la pièce maîtresse est la canopée, immense plafond de scène entièrement mobile et pesant 22 tonnes. La scène est faite quant à elle de chêne massif, un bois reconnu pour bien conduire les sons. Aucun bruit de soufflerie ne vient polluer l’atmosphère sonore, chaque siège possédant son propre système de ventilation. Selon la couleur que le chef veut donner à l’orchestre, on tire ou non les rideaux tapissant certains murs de la salle. L’esprit art déco, lui, se manifeste dans la multiplication des tonalités de bois précieux qui donne au lieu sa couleur particulière. À l’extérieur de la salle, les moulures appliquées, les escaliers en plongée et en contre-plongée procurent aussi une touche art déco.

Pour appuyer ses propos, Jacques Plante avait invité des professeurs de la Faculté de musique et d’autres artistes à se produire sur scène. Manifestement sous le charme, le public a pu se rendre compte de la qualité de cette acoustique divine grâce au piano, au clavecin, au violoncelle et à la contrebasse. Selon l’expression consacrée, on aurait pu entendre une mouche voler dans la salle quand d’aventure le silence envahissait la salle. «Je pense qu’on peut parler de mission accomplie, dit Jacques Plante. Et dire que, dans les années 1980, on avait pensé à convertir le Palais Montcalm en casino et même à en faire un hôtel! Sans la vigilance dont a fait preuve Jean-Paul L’Allier, maire de Québec à l’époque, le Palais Montcalm ne serait certainement pas ce qu’il est aujourd’hui.»

Cette conférence était la première d’une série de six organisée par l’École d’architecture. Pour renseignements: www.arc.ulaval.ca

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