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Des arbres au secours des cultures

Une équipe interdisciplinaire de chercheurs contribuera à promouvoir les bonnes pratiques d’agroforesterie et de gestion des terres au Mali

Par : Yvon Larose
Le Mali, un pays d’Afrique de l’Ouest parmi les plus pauvres de la planète, recevra un solide coup de pouce de l’Université au cours des six prochaines années. Grâce à une subvention d’un million de dollars de l’Agence canadienne de développement international, cinq professeurs et un professionnel de recherche feront, dans ce pays, la promotion des bonnes pratiques d’agroforesterie et de gestion des terres dans le contexte du projet Des arbres et des champs contre la pauvreté au Mali. L’annonce officielle a été faite le vendredi 30 novembre au pavillon Alphonse-Desjardins.

«Le but du projet est d’appuyer l’établissement d’enseignement supérieur malien responsable de la formation en agriculture et en foresterie, soit l’Institut polytechnique rural de formation et de recherche appliquée de Katibougou», explique Alain Olivier, professeur au Département de phytologie, directeur du Groupe interdisciplinaire de recherche en agroforesterie et directeur de l’équipe canadienne du projet. «Nous ferons la révision et la conception de programmes d’études, poursuit-il, et nous produirons du matériel didactique. Cinq professeurs de l’Institut viendront ici recevoir une formation de niveau maîtrise. Huit étudiants à la maîtrise de Laval iront là-bas faire un stage d’études sur le terrain. Le projet accordera beaucoup d’importance aux collectivités locales. Nous ferons des interventions auprès de cinq villages.»

Alain Olivier connaît bien le Mali, puisqu’il y conduit des activités de recherche depuis 1998. Selon lui, l’agroforesterie figure au nombre des solutions qui peuvent être apportées, d’une part, à la dégradation graduelle de l’environnement dans ce pays et, d’autre part, au défi que représentent les besoins alimentaires d’une population sans cesse croissante. Au Mali, les paysans ont besoin de conserver un certain nombre d’arbres pour, entre autres, le bois de cuisson, les fruits, l’huile extraite des amandes et les produits médicinaux dérivés de l’arbre. «Le feuillage de certains arbres sert notamment de fourrage pour les animaux en saison sèche, poursuit le professeur. Les arbres servent aussi à s’abriter des rayons ardents du soleil.»

Les chercheurs sensibiliseront les villageois, entre autres, à l’importance de planter des arbres pour empêcher l’érosion des sols. Ils accorderont une attention particulière aux femmes, puisque ce sont elles qui effectuent, en grande partie, les travaux agricoles. «Les femmes s’occupent notamment de la cueillette de plusieurs fruits, souligne Alain Olivier. Nous fondons beaucoup d’espoir sur le karité, un arbre qui pousse dans les savanes. Cet arbre produit une amande très riche en huile avec laquelle on confectionne une crème, le “beurre de karité”.»

Alain Olivier et le professionnel de recherche Jean Bonneville se rendront bientôt au Mali afin de démarrer officiellement le projet là-bas. En plus des partenaires, ils rencontreront trois professeurs qui viendront étudier à Laval en septembre 2008 pour leur scolarité de maîtrise. Deux autres suivront l’année d’après. Les premiers étudiants stagiaires de Laval se rendront au Mali en 2008. L’équipe du projet, à l’Université Laval, est constituée d’Alain Olivier, de Diane Parent, professeure au Département de sciences animales, de Richard Marcoux, professeur au Département de sociologie, de Sabrina Doyon et Marie-France Labrecque, professeures au Département d’anthropologie, et de Jean Bonneville. L’équipe du projet, à l’Institut de Katibougou, est composée de six enseignants.

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