Recherche

Découverte d'une nouvelle forme de vie marine

Les caractéristiques uniques d’un groupe d’algues microscopiques les placent dans une branche à part dans l’arbre des espèces, estime la biologiste Connie Lovejoy

Par : Jean Hamann
Une équipe internationale de chercheurs vient d’annoncer la découverte d’un groupe d’algues microscopiques qui se distingue tellement des espèces existantes qu’il faudra ajouter une nouvelle branche dans l’arbre de la diversité biologique de notre planète pour les classer correctement. Les chercheurs leur ont donné le nom de picobiliphytes, ce qui décrit fidèlement ces organismes très petits (pico), dotés de pigments fluorescents associés à des protéines (biliprotéines) et qui font partie du règne végétal (phytes). Connie Lovejoy, professeure au Département de biologie et chercheuse à Québec Océan, et sept chercheurs européens livrent les détails de leur découverte dans l’édition du 12 janvier de la revue Science.

Les picobiliphytes sont des organismes unicellulaires, de forme oblongue, dont la taille fait environ 2 microns par 6 microns (un micron est mille fois plus petit qu’un millimètre). Ils possèdent de la chlorophylle, mais également des phycobiliprotéines - des structures formées de protéines et de pigments allant de l’orange au rouge -, grâce auxquelles ils captent l’énergie solaire et la transforment en biomasse. La présence de plusieurs pigments leur permettrait de capter l’énergie solaire dans un plus grand spectre de longueurs d’ondes.

Les premières indications portent à croire que les picobiliphytes vivent dans les eaux froides de l’Arctique et de l’Atlantique nord, tant en Europe qu’en Amérique. Les chercheurs n’excluent pas la possibilité qu’ils peuplent également les zones froides des autres océans. Maillon jusqu’à présent insoupçonné de la chaîne alimentaire, ce groupe d’organismes pourrait constituer une fraction appréciable des algues de très petite taille dans les océans.

Les chercheurs n’ont pas découvert les picobiliphytes par examen direct au microscope, mais en relevant l’apparition de séquences inédites lors d’analyses d’ADN. «Nous avons trouvé des séquences qui ne correspondaient à rien de ce qui avait été répertorié dans les banques de gènes, explique Connie Lovejoy. La différence entre les séquences d’ADN ribosomal 18 S de ces algues et celles des autres espèces qui lui sont les plus proches est aussi grande que celle qui sépare les plantes terrestres et les animaux.»

Sur la base des séquences génétiques, les chercheurs estiment qu’il existerait au moins trois groupes d’espèces dans l’embranchement des picobiliphytes. Pour les étudier plus en profondeur, il leur faudra trouver moyen de les cultiver en laboratoire, chose infaisable pour l’instant.

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

Demande d’information

Suivez nous!