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Débat Participe Présent

À qui appartient le Nord?

Le 5 novembre, des collaborateurs de l’ouvrage récemment paru Perdre le Nord? (Boréal-Névé) avaient rendez-vous avec le public au Musée de la civilisation pour un débat dans le cadre de la série Participe Présent. Au cours de la discussion abondamment illustrée par de saisissantes photos fournies par ArticNet, l’explorateur Bernard Voyer, la journaliste et auteure Dominique Forget, ainsi que les chercheurs Louis Fortier et Frédéric Lasserre de l’Université Laval ont partagé leurs craintes face à la rapidité des changements climatiques qui touchent actuellement la région arctique. Les prévisions les plus pessimistes concernant la fonte de la banquise sont constamment dépassées et cet écosystème unique en subit déjà les conséquences, puisque des espèces adaptées à leur environnement, comme l’ours polaire, les oiseaux marins et certains poissons, risquent de disparaître rapidement. Sans parler des Inuits dont le cadre de vie connaît un bouleversement complet.
   
Une grande partie des échanges de la soirée a porté sur l’avenir du passage du Nord-Ouest, dont plusieurs pays se disputent la souveraineté. Jusqu’à présent, en effet, les Américains ne reconnaissent pas qu’il s’agit d’eaux intérieures comme le soutient le Canada. Pourtant, a rappelé le biologiste Louis Fortier, il est essentiel de protéger la sécurité environnementale de cet écosystème fragile. Il faut s’assurer que les porte-conteneurs ou autres navires qui l’emprunteront à l’année dans quelques décennies prendront toutes les précautions d’usage avant de s'engager sur cette nouvelle route maritime. Le directeur scientifique d’ArticNet ose à peine imaginer les dommages potentiels d’un naufrage semblable à celui du pétrolier Exxon Valdez en Alaska ou simplement de déversements de matières dangereuses.
   
De son côté, le géographe Frédéric Lasserre a souligné que la polémique sur la souveraineté de ce passage se réglera sans doute par un compromis, car les Américains ne seraient pas opposés à une réglementation concernant le passage des navires marchands mais davantage à des restrictions de circulation de bateaux militaires. Il a également mis en lumière l’importance accrue du partage des fonds marins de l’Arctique, convoités par les cinq pays limitrophes. Le Danemark, la Russie, le Canada, les États-Unis et la Norvège s’intéressent bien sûr au potentiel d’exploitation des sous-sols recelant des réserves de gaz et de pétrole. Les Russes revendiquent un territoire se prolongeant au-delà du pôle Nord, en s’appuyant sur de nombreux relevés géologiques. Leur argument: la chaîne sous-marine Lomonosov constitue une extension du plateau continental russe. Un comité d’experts devra bientôt trancher cette litigieuse question.

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