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De bons tuyaux pour l'eau potable

Des chercheurs produisent des outils d’aide à la décision pour assurer un meilleur traitement de cette ressource vitale

Par : Jean Hamann
Des travaux menés à l’Université pourraient être d’un précieux secours aux gestionnaires de réseaux d’eau potable engagés dans une guerre de l’information pour assurer la qualité de cette ressource. En effet, des chercheurs sont à mettre au point des modèles prédictifs de la qualité de l’eau qui pourraient servir d’aide à la décision pour ajuster les traitements effectués à l’usine de filtration et dans le réseau de distribution, a laissé entendre Manuel Rodriguez, du Centre de recherche en aménagement et développement, lors du 8e Séminaire Adrien-Pouliot. Inscrit dans le cadre de la Semaine des sciences et du génie, cet événement s’est déroulé le 9 novembre sur le campus sur le thème «Gestion des eaux urbaines: peut-on faire mieux?».

Les gestionnaires des réseaux d’eau potable nagent quotidiennement dans l’incertitude. En effet, les informations complètes sur la qualité de l’eau produite par les usines de filtration ne sont disponibles que plusieurs heures après qu’elle ait été envoyée dans le réseau de distribution des municipalités. Les délais sont relativement courts pour les tests physico-chimiques, mais les tests bactériologiques peuvent exiger entre 24 et 48 heures. Lorsque les résultats arrivent, l’eau a fait son chemin jusqu’aux foyers depuis un bon moment déjà. «C’est pour cette raison que les traitements faits à l’usine doivent être très costauds», commente le professeur Rodriguez.

Le problème ne se limite pas à l’usine de filtration. À Québec par exemple, la qualité de l’eau du robinet n’est pas la même dans les foyers situés à proximité de l’usine de filtration de Loretteville que dans la basse-ville, même s’ils sont desservis par le même réseau. En effet, explique le chercheur, la qualité de l’eau se détériore en fonction du temps de séjour dans le réseau de distribution. Il peut s’écouler de 30 à 50 heures avant que l’eau produite à l’usine ne soit consommée dans les secteurs situés en bouts de réseau. La concentration des trihalométhanes – un sous-produit de chloration – peut atteindre trois à quatre fois celle mesurée à sa sortie de l’usine de traitement et les comptes bactériens sont plus élevés, même si l’eau est retraitée dans le réservoir des Plaines.

Le défi actuel qui se pose aux gestionnaires d’eau potable dans les grandes municipalités est de prendre les bonnes décisions avec les informations incomplètes dont il dispose. À cette fin, les chercheurs de l’Université ont entrepris de construire des modèles d’aide à la décision en utilisant les données accumulées au fil des ans par les municipalités. À Québec, ils envisagent aussi de recueillir des données en amont de la prise d’eau afin d’ajuster leur modèle en fonction de la qualité de l’eau  brute avant son arrivée à l’usine et ainsi mieux voir venir les problèmes. Ces modèles, combinés au développement de tests de dépistage rapide des bactéries comme ceux en développement au Département de chimie, donneraient de meilleurs outils aux gestionnaires de l’eau pour qu’ils posent les bonnes actions avant que le mal ne soit fait.

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