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Le stress, la détresse et l’inactivité physique peuvent transformer un simple mal de dos en lombalgie chronique

Par : Jean Hamann
Prenez une douleur lombaire, ajoutez-y une bonne dose de stress, incorporez au mélange la croyance que l’exercice physique est néfaste et vous avez la recette pour qu’une blessure au dos se transforme en mal chronique. Ce scénario, qui touche environ 10 % des travailleurs qui subissent une blessure lombaire, pourrait bien souvent être prévenu par une intervention multidisciplinaire précoce, fait valoir un groupe de chercheurs dans un rapport intitulé «Les déterminants de l’incapacité liée à la lombalgie», qui vient d’être publié par l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et sécurité au travail (IRSST).

Manon Truchon, du Département des relations industrielles, Lise Fillion, de la Faculté des sciences infirmières, Clermont Dionne, du Département de réadaptation, Ginette Truchon, de l’IRSST, et Bertrand Arsenault et Claude Viau, de l’Université de Montréal, arrivent à ce constat après avoir suivi pendant un an 439 personnes en arrêt de travail en raison de maux de dos. À trois reprises au cours de cette période, les participants ont rempli des questionnaires portant sur l’intensité de leur douleur, leurs peurs et croyances au sujet de l’activité physique, leur état émotionnel, leur statut fonctionnel, les stratégies qu’ils utilisaient pour composer avec le mal de dos et les pratiques et politiques de leur employeur en matière de santé et sécurité.

Les chercheurs ont ainsi constaté que l’exposition à des stresseurs, combinée à la croyance que l’activité physique est nuisible pour le mal de dos, engendre une détresse émotionnelle. Cette détresse et la conviction de l’effet négatif de l’exercice physique contribuent à leur tour à l’évitement de l’activité physique, ce qui favorise des incapacités accrues, résument-ils dans leur rapport disponible en ligne à l’adresse www.irsst.qc.ca/fr/_publicationirsst_100254.html. Par ailleurs, une perception négative des pratiques de santé et sécurité au travail de l’employeur et la crainte de se blesser de nouveau pavent la voie vers l’incapacité chronique.

«L’étude révèle également que trois indicateurs – le statut fonctionnel actuel, les peurs et croyances au sujet de l’activité physique et la détresse psychologique - permettent de prédire, dès les premières semaines qui suivent l’arrêt de travail, dans quelle condition sera la personne, six mois plus tard», signale la responsable de l’étude, Manon Truchon. Grâce à ces indicateurs, il serait possible de déterminer rapidement qui sont les accidentés du travail qui ont particulièrement besoin d’aide pour gérer leurs douleurs, leurs stress et leur détresse. Ils pourraient ainsi prendre le contrôle de leur mal de dos avant que celui-ci ne prenne le contrôle de leur vie.

Les blessures au dos viennent au premier rang parmi les causes des arrêts de travail au Québec. Les compensations versées aux travailleurs pour cette catégorie de blessures dépassent 500 M $ par an, soit environ le tiers du total des indemnisations. Environ 80 % des gens connaîtront au moins un épisode de maux de dos au cours de leur vie.

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