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Bon cop, bad cop

On ne badine pas avec la communication dans la formation collégiale offerte aux futurs policiers

Par : Renée Larochelle
Trois minutes: c’est le temps dont dispose un policier patrouilleur pour prendre le contrôle de la situation lorsqu’il arrive sur les lieux d’un accident, d’un crime ou d’une scène de violence conjugale. À l’intérieur de ce court délai, il doit être en mesure de semer les bases d’un dialogue et de créer un climat favorable à la communication entre les personnes. Criminologue de profession, Jocelyn Ross enseigne le cours Techniques de base de la communication au Cégep François-Xavier-Garneau, offert dès le premier trimestre de la formation en techniques policières d’une durée de trois ans. «J’ai voulu voir si ce cours contribuait à l’acquisition d’une bonne attitude à la communication chez les futurs policiers en situation d’interactions», dit Jocelyn Ross pour expliquer les raisons qui l’ont incité à effectuer son mémoire de maîtrise en psychopédagogie intitulé L’enseignement et l’évaluation d’une attitude favorable à la communication en techniques policières.
   
Aux fins de sa recherche réalisée à l’automne 2007, Jocelyn Ross a fait remplir deux questionnaires à sa classe de 43 étudiants (31 hommes et 12 femmes), le premier en début de trimestre et le second à la fin du cours. Les participants étaient notamment invités à déterminer la façon dont ils réagiraient dans diverses situations où il y avait risque de conflit, du voisin trop bruyant qui empêche la famille de dormir la nuit au patron qui sort de ses gonds lors d’une discussion, en passant par la serveuse qui apporte un steak commandé saignant et qui arrive trop cuit dans l’assiette. Dans ces occasions, que feriez-vous? demandait-on à l’étudiant. Essayeriez-vous de détendre l’atmosphère? Chercheriez-vous un compromis? Mettriez-vous de l’huile sur le feu? Tenteriez-vous d’arriver à une solution satisfaisante pour tous? L’étudiant devait aussi donner son opinion sur différents aspects liés à la communication comme l’écoute, le respect de l’autre, les manières de gérer les conflits, etc.

Trouver un minimum commun
«Dès le début du cours, les étudiants avaient saisi que la capacité de créer un climat favorable à la communication était primordiale dans le métier de policier, affirme Jocelyn Ross. Mais l’apprentissage de techniques de base, comme le décodage des messages verbaux et non verbaux, l’écoute et l’expression en position d’autorité, leur a fait prendre conscience de leurs failles dans le domaine. En effet, les réponses qu’ils ont fournies lors de la passation du second questionnaire montrent une modification dans leurs façons de communiquer. Par exemple, les étudiants disaient être plus portés à écouter l’autre, à tenir compte du contexte et surtout à trouver un minimum commun dans une situation, soit ce certain terrain d’entente essentiel en situation d’intervention pour connaître les intentions de l’autre. Parfois, trouver un minimum commun peut être aussi simple que de demander à la personne ayant appelé la police si c’est bien elle qui a appelé. Cela permet de clarifier dès le départ la situation en plus de faire avancer les choses.»
   
Selon Jocelyn Ross, le policier idéal est celui qui est capable d’observer, d’analyser et d’appliquer la loi. Il est aussi intègre, rigoureux et fait preuve d’empathie. «Notre société change et les attentes déontologiques sont toujours grandes à l’égard des policiers, dit le criminologue. On exige beaucoup d’eux, mais c’est très bien ainsi, quand on considère la position d’autorité qu’ils occupent.»          

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