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Bienvenue dans la réalité «augmentée»

Le projet GéoÉduc3D explore les possibilités d’intégration des technologies géomatiques à celles des jeux vidéo sous l’angle de l’apprentissage des connaissances

Par : Yvon Larose
Sur son parcours, le joueur d'Energy Wars peut compter sur les conseils d'ingénieurs experts en énergie. Il doit aussi déjouer les intentions d'ennemis qui cherchent à dégrader les bâtiments et à gaspiller leurs ressources énergétiques.
Sur son parcours, le joueur d'Energy Wars peut compter sur les conseils d'ingénieurs experts en énergie. Il doit aussi déjouer les intentions d'ennemis qui cherchent à dégrader les bâtiments et à gaspiller leurs ressources énergétiques.
Energy Wars, que l’on peut traduire par La Guerre de l’énergie, n’est pas un jeu vidéo interactif classique axé uniquement sur le divertissement comme il en existe tant. Il s’agit plutôt d’un jeu éducatif qui marie les possibilités techniques de la géomatique à celles des jeux vidéo, le tout sous l’angle de l’apprentissage des connaissances. Ce jeu a été conçu et développé par les chercheurs du projet GéoÉduc3D. Son prototype figure parmi les dix jeux finalistes du Serious Games Showcase & Challenge 2009, dont les gagnants seront dévoilés le 3 décembre à Orlando, en Floride.

Financé par le Réseau de centres d’excellence GÉOIDE, le projet GéoÉduc3D est hébergé au Département des sciences géomatiques de l’Université Laval. Lancé en avril dernier, GéoÉduc3D réunit 16 spécialistes en géomatique et en sciences de l’éducation. Cinq d’entre eux proviennent du Département des sciences géomatiques et deux autres du Département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage.

Selon Sylvie Daniel, professeure au Département des sciences géomatiques et responsable de GéoÉduc3D, Energy Wars se situe dans un environnement réel, soit le campus de l’Université Queen’s, à Kingston, en Ontario. «Les bâtiments ont été numérisés sur place à très haute résolution, explique-t-elle. Dans un esprit de développement durable, le joueur doit sélectionner et aménager des bâtiments afin de les rendre plus efficaces sur le plan énergétique, par exemple par l’installation de capteurs solaires. Toute modification implique des coûts. Le joueur doit donc prendre des décisions en fonction du budget dont il dispose. Le gagnant est celui qui aura aménagé le plus de bâtiments.»

Sylvie Daniel croit que la géomatique va devenir un élément clé dans le développement des jeux vidéo avec l’émergence de nouvelles tendances en ce domaine. «La création d’environnements réalistes avec une qualité exceptionnelle du détail s’impose de plus en plus afin de répondre aux attentes toujours plus élevées des joueurs, indique-t-elle. La meilleure façon d’atteindre ce but est d’utiliser des données et informations géospatiales réelles. Or, la géomatique s’emploie à cartographier la réalité, notamment avec des technologies de localisation dans l’espace.» Selon elle, le domaine du jeu vidéo est un champ d’application encore peu exploré par la géomatique. «Il reste, dit-elle, à établir les passerelles entre les deux domaines.»

Le but du projet GéoÉduc3D est de proposer des jeux vidéo interactifs éducatifs qui s’appuient sur les technologies géospatiales. Ces outils d’apprentissage innovants doivent permettre de rendre le jeu, donc l’apprentissage ludique, plus réactif, plus interactif et surtout plus immersif grâce au réalisme poussé des images.

En plus d’améliorer le prototype d’Energy Wars, les chercheurs de GéoÉduc3D travaillent sur deux applications utilisables avec des téléphones cellulaires intelligents du type iPhone. L’une d’elles consiste à augmenter les connaissances que l’on a d’un environnement donné. «Lorsque l’on passe le téléphone devant un bâtiment, par exemple un pavillon du campus, on pourrait voir apparaître automatiquement des informations graphiques virtuelles à l’écran, au travers du flux vidéo acquis avec la caméra, explique Sylvie Daniel. L’information pourrait être le nombre de départements qui s’y trouvent ainsi que leur nom.»

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