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Avant l'arrivée des Européens

Les artefacts découverts l’été dernier au lac Saint-Charles aident à mieux comprendre l’histoire lointaine de la région de Québec

Par : Yvon Larose
Des outils de pierre, des fragments d’une poterie décorée et des restes culinaires d’animaux comme le castor, l’ours ou l’orignal, ce sont là les artefacts découverts l’été dernier par cinq étudiantes et étudiants au baccalauréat en archéologie qui ont fouillé pendant quatre semaines l’emplacement d’un très ancien campement amérindien situé dans le secteur des Marais du Nord, au lac Saint-Charles, près de Québec, lors du premier chantier-école de l’Université Laval en archéologie préhistorique. «L’analyse des artefacts a permis de confirmer qu’il y a eu au moins deux occupations du site par les Amérindiens, explique Michel Plourde, archéologue consultant, chargé de cours au Département d’histoire et responsable du site de fouilles. La première a eu lieu dans l’intervalle entre l’an 500 et l’an 1000 de notre ère, la seconde entre l’an 1300 et l’an 1534. Deux éléments de datation ont permis d’obtenir ces chiffres, soit la datation au radiocarbone et la typologie de céramique. Les motifs imprimés sur la céramique ont été faits à l’aide d’une cordelette végétale apposée sur l’argile encore humide que l’on a ensuite fait sécher et cuire. Ces motifs deviennent plus rares à partir de 1200 de notre ère.»

Les outils de pierre découverts consistent en une pointe de flèche, des grattoirs et des éclats. Ces éclats, qui portent des retouches, ont probablement servi à couper de la peau ou des tendons d’animaux. «Les pierres taillées découvertes proviennent de différentes sources situées très loin du site, soit Mistassini, le lac Saint-Jean, l’extrême nord de la péninsule du Labrador et les Appalaches», souligne Michel Plourde. Selon lui, les occupants du site ne se sont probablement pas rendus jusqu’aux carrières pour se procurer la pierre des outils. «Ils ont dû, avance-t-il, s’approvisionner auprès de diverses sources que l’on pourrait qualifier d’intermédiaires commerciaux et qui se déplaçaient sur de grandes distances. Les Amérindiens du temps participaient à de vastes réseaux d’échange très ouverts. Ils ont pu, par exemple, échanger des fourrures contre de la pierre.»

Selon l’archéologue, on ne peut, par manque d’indices, identifier les groupes amérindiens qui ont occupé le campement du lac Saint-Charles. Il reste que, à cette époque lointaine, deux grands groupes linguistiques peuplaient le sud-ouest du Québec. Les Iroquoiens, qui ont pratiqué l’agriculture à partir de l’an 1000 de notre ère, et les Algonquiens, des peuples nomades. Selon Michel Plourde, le site a pu servir de lieu de transit entre ce qu’étaient alors Québec et le lac Saint-Jean. Le site a pu aussi servir de campement plus permanent pour des activités de chasse ou de pêche.

Un autre site préhistorique découvert dans le même secteur en 2006 devrait faire l’objet de fouilles cet été dans le cadre du chantier-école. Le chantier-école en archéologie préhistorique est issu d’un partenariat entre l’Université Laval et l’Association pour la protection de l’environnement du lac Saint-Charles et des Marais du Nord.

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