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Au coeur des maladies sociétales

L'Université Laval et l'IUCPQ-UL inaugurent de nouvelles installations de recherche et une chaire en imagerie cardiovasculaire

Par : Jean Hamann
Étaient présents à la cérémonie de lancement de la Chaire de recherche et d'innovation en imagerie cardiovasculaire: (de gauche à droite, première rangée) Marie Audette, vice-rectrice adjointe à la recherche et à la création, Rénald Bergeron, doyen de la Faculté de médecine, (deuxième rangée) Denis Brière, recteur, Eric Larose, titulaire de la Chaire et professeur médecin agrégé au Département de médecine, François Blais, ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, (troisième rangée) Denis Richard, directeur de la recherche à l'Institut universitaire de pneumologie et de cardiologie de Québec – Université Laval, et Jean-François Saheb, directeur exécutif régional chez Philips.
Étaient présents à la cérémonie de lancement de la Chaire de recherche et d'innovation en imagerie cardiovasculaire: (de gauche à droite, première rangée) Marie Audette, vice-rectrice adjointe à la recherche et à la création, Rénald Bergeron, doyen de la Faculté de médecine, (deuxième rangée) Denis Brière, recteur, Eric Larose, titulaire de la Chaire et professeur médecin agrégé au Département de médecine, François Blais, ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, (troisième rangée) Denis Richard, directeur de la recherche à l'Institut universitaire de pneumologie et de cardiologie de Québec – Université Laval, et Jean-François Saheb, directeur exécutif régional chez Philips.
Il y a deux ans, le professeur Eric Larose, de la Faculté de médecine, publiait dans la revue Atherosclerosis une étude aux conclusions pour le moins révélatrices. Avec ses collaborateurs du Centre de recherche de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec-Université Laval (CRIUCPQ-UL) il avait examiné sous toutes les coutures 435 sujets de 18 à 35 ans, non obèses et sans problèmes de santé connus. À en juger par leur pression artérielle, leur profil lipidique et leur taux de glucose sanguin, ces jeunes étaient tous en bonne santé cardiométabolique. En poussant plus loin les examens à l'aide d'un appareil d'imagerie par résonance magnétique, les chercheurs ont toutefois découvert qu'une grande proportion des sujets présentait des dépôts de tissu adipeux viscéral, un indicateur de mauvaises habitudes alimentaires et de sédentarité. Plus encore, l'abondance de ces graisses était liée directement aux marqueurs du risque cardiométabolique de chacun. «Comme médecin, si j'examine ces jeunes en utilisant les outils classiques, je ne détecterai rien d'anormal, souligne le professeur Larose, lui-même cardiologue. Les données obtenues par imagerie médicale nous permettent de voir ce qui, autrement, serait passé sous le radar.»

Eric Larose pourra continuer de profiter de ces puissants outils pour faire avancer les connaissances sur les maladies cardiovasculaires puisqu'il vient d'être nommé titulaire d'une nouvelle chaire – la Chaire de recherche et d'innovation en imagerie cardiovasculaire –, dont le lancement a eu lieu le 19 mai à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ-UL). Cette chaire réunira une vingtaine de chercheurs et professionnels de la santé ainsi que de nombreux étudiants-chercheurs, stagiaires postdoctoraux et fellows du Canada et de l'étranger. Au coeur de leurs travaux se trouve l'athérosclérose, une maladie caractérisée par un épaississement progressif des parois artérielles causé par l'accumulation de dépôts graisseux, de cellules inflammatoires et de tissu fibreux. «Il s'agit d'un processus qui évolue sur des dizaines d'années, souvent à l'insu du patient et de son médecin, souligne le professeur Larose. Nos travaux permettront de mieux détecter ces dépôts qui encrassent les artères et de caractériser leur composition, une information importante parce qu'elle a une incidence sur le risque d'infarctus et d'accident vasculaire cérébral. Nous pourrons aussi déterminer si certaines interventions, par exemple la pratique d'activités physiques, peuvent ralentir ou stopper la formation de ces dépôts à l'intérieur des artères.»

Le recteur Denis Brière a salué la création de cette chaire qui favorisera la synergie entre chercheurs et qui stimulera l'émergence de nouvelles idées en matière de prévention. «Les équipes de recherche de l'Université Laval et du CRIUCPQ-UL bénéficieront de l'influence structurante de cette chaire qui sera le point d'ancrage des collaborations et de réseautage critiques à l'avancement de la science. Les étudiants-chercheurs et les stagiaires postdoctoraux seront au coeur des activités de la Chaire, qui contribuera ainsi directement à la formation des futures générations de scientifiques», a souligné le recteur.

La création de la Chaire a été rendue possible grâce au soutien financier de Philips. Jean-François Saheb, directeur exécutif régional de l'entreprise, a rappelé que Philips croit que la prévention est essentielle pour améliorer la santé des gens. «En nous investissant conjointement, nous multiplions l'impact de nos innovations et assurons des bénéfices directs à la population. Les retombées de ce partenariat permettront au Québec de se démarquer comme chef de file mondial en recherche cardiovasculaire.»

La Chaire a été créée dans la foulée de la phase 4 de l'agrandissement du CRIUCPQ. La pièce maîtresse de ces nouvelles installations est d'ailleurs le Laboratoire central d'imagerie cardiovasculaire, respiratoire et métabolique, qui comprend une unité d'imagerie par résonance magnétique 3.0 Tesla et une unité de tomodensitométrie multidétecteur assistée par ordinateur. À cela s'ajoutent des laboratoires thématiques de biologie cellulaire et moléculaire dans les domaines de la cardiologie, de la pneumologie et de l'obésité. Ces travaux ont nécessité des investissements de l'ordre de 20 M$, dont 16,4 M$ proviennent du gouvernement du Québec. L'inauguration de cet agrandissement a également eu lieu le 19 mai, en présence de Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux, et de François Blais, ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale.

Depuis l'arrivée de Denis Richard à la direction du CRIUCPQ, en 1999, quatre grands projets d'agrandissement, totalisant des investissements de plus de 55 M$, ont été réalisés. «Ces travaux ont permis de tripler la superficie du centre, ce qui a eu un effet majeur sur notre croissance», souligne le professeur de la Faculté de médecine. Le nombre de chercheurs, d'étudiants-chercheurs et de membres du personnel est passé de 250 à 800 personnes, les fonds de recherche ont triplé pour atteindre 33 M$ et le nombre de publications a aussi triplé, dépassant 450 articles l'année dernière. «Les superficies supplémentaires créées grâce aux agrandissements successifs ont été le point de départ d'un développement qui a conduit à de nouvelles découvertes améliorant le traitement des patients et la prévention des grandes maladies sociétales que sont les maladies cardiovasculaires et respiratoires et l'obésité», fait valoir le directeur du CRIUCPQ. Et l'inépuisable artisan de ce grand chantier n'a pas l'intention de s'arrêter là puisqu'une cinquième phase d'agrandissement est déjà en voie d'élaboration.

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