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À quoi ça sert l’école?

La nouvelle saison de Néo, le concours de vulgarisation des étudiantes et des étudiants de l’AELIES, est en marche

Par : Yvon Larose
Dans sa recherche doctorale, Samuel Nepton s’intéresse au dialogue entre deux paradigmes: l’enseignement et l’apprentissage. Selon lui, il y a matière à amélioration au chapitre des apprentissages depuis l’entrée en vigueur, au Québec, de la réforme pédagogique. Le but de sa thèse est de démontrer qu’il est possible, grâce à la philosophie, de réconcilier ces deux paradigmes qui s’opposent.
Dans sa recherche doctorale, Samuel Nepton s’intéresse au dialogue entre deux paradigmes: l’enseignement et l’apprentissage. Selon lui, il y a matière à amélioration au chapitre des apprentissages depuis l’entrée en vigueur, au Québec, de la réforme pédagogique. Le but de sa thèse est de démontrer qu’il est possible, grâce à la philosophie, de réconcilier ces deux paradigmes qui s’opposent.

L’Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIES) vient de mettre en ligne la première capsule Néo de la saison 2020-2021. Néo est un concours de vulgarisation qui met en valeur les projets de recherche et de création des étudiantes et des étudiants de façon dynamique et ludique, sous forme de capsules accessibles sur la chaîne vidéo de l’AELIES ainsi qu’en baladodiffusion. Cette année, le coup d’envoi est donné par Samuel Nepton, étudiant au doctorat en philosophie de l’éducation. Pendant dix minutes, celui-ci aborde devant la caméra la problématique entourant la réalité de l’école d’aujourd’hui.

«Dans ma thèse, explique Samuel Nepton, je m’intéresse à la manière dont on conçoit les connaissances au Québec. Mon point de départ est la réforme pédagogique des années 2000. Je m’intéresse au dialogue entre deux paradigmes: l’enseignement et l’apprentissage. La réforme a amené un changement, celui du passage de l’enseignement vers l’apprentissage. Or, il y a matière à amélioration. Les fruits sont insuffisants et montrent un problème. Le but de ma thèse est de démontrer qu’il existe une manière de réconcilier ces deux paradigmes qui s’opposent.»

Le doctorant est auxiliaire d’enseignement de troisième cycle à la Faculté de philosophie. Depuis quelques années, il travaille en étroite collaboration avec le professeur Michel Sasseville, le responsable à la Faculté des programmes de formation en philosophie pour les enfants.

L’hiver dernier, Samuel Nepton a donné un cours sur le sujet. En avril 2019 à Winnipeg, il a également donné une formation à des leaders pédagogiques. Un des buts de la formation était, pour les participants, de décider si la pratique de la philosophie avec les enfants, offerte par l’Université Laval, pouvait amener les jeunes francophones du Manitoba à mieux penser par et pour eux-mêmes, et ce, dans toutes les matières scolaires. Dans ce cadre, l’enseignant n'est plus là pour transmettre la matière. Il agit plutôt comme un animateur, il sert de guide.

«L’enseignant, souligne le doctorant, pose des questions qui approfondissent. Les enfants adorent se faire poser des questions! Il leur demande de questionner ce qui est avancé. Il leur demande des raisons. Il propose des analogies, il fait réfléchir.»

Samuel Nepton rappelle que la définition première de l’école est d’apprendre à apprendre, une mission complexe qui implique une foule de composantes. «L’école apprend aussi à penser et à acquérir des compétences, ajoute-t-il. Apprendre à penser représente encore une grande question en éducation, mais je suis convaincu que, parce que la philosophie constitue le meilleur outil pour se questionner, elle est d’autant précieuse pour former la pensée. En effet, cette discipline, lorsqu'épurée, peut être mise en pratique par tout le monde, en plus de posséder des qualités permettant d’aborder n’importe quel sujet. Elle peut amener une dimension éthique, épistémologique, logique, esthétique, voire métaphysique, dans n’importe quelle matière, entraînant toujours plus loin la réflexion.»

La capsule Néo montre le doctorant à l’œuvre dans une école primaire de la région de Québec. Des enfants réfléchissent à la question «Qu’est-ce qu’un ami?». «J’avais écrit un texte qu’ils ont lu à haute voix en classe, raconte Samuel Nepton. Par la suite, les enfants étaient invités à poser toutes les questions que cette lecture leur a inspiré. L’exercice a montré que les enfants ont naturellement plein de questions. L’avantage de la philosophie est qu’elle offre aux enfants non seulement l’occasion de réfléchir à ces questions, mais elle les amène à développer les outils pour mieux répondre à ces questions par eux-mêmes.»

Ce dernier souligne que la réforme pédagogique n’a pas été appliquée de manière uniforme partout. L’enseignement, selon lui, est encore de beaucoup traditionnel, assez direct. «L’école, dit-il, ne stimule pas toujours assez la créativité et la pensée des enfants.»

La capsule Néo prend fin sur une montée dramatique. Le doctorant parle du rêve d’une nouvelle éducation davantage ancrée dans la pratique. «Je ne pense pas que l’enseignant doive arrêter de transmettre des connaissances, soutient-il. Mais je crois que les apprentissages doivent s’ancrer dans des jeux, des projets qui vont donner une valeur ajoutée à l’enseignement du professeur: ils vont permettre de donner du sens à ce qui est enseigné. Je crois que le pragmatisme constituerait le cadre de dialogues féconds entre l’enseignement et l’apprentissage.»

Ce premier épisode de la nouvelle saison de Néo est disponible sur la chaîne YouTube de la Chaire publique AELIES ainsi qu'en baladodiffusion.

Participer au concours Néo

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

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