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4M$ pour un vaccin contre le sida

Une équipe dirigée par Gary Kobinger tentera d'améliorer l'efficacité d'un vaccin prometteur contre le VIH

Par : Jean Hamann
L'approche utilisée par les chercheurs consiste à intégrer du matériel génétique provenant du VIH (ci-dessus) dans un virus inoffensif pour les humains. Une vaccination avec ce virus modifié devrait provoquer une réponse immunitaire similaire à celle qui survient lors d'une infection par le VIH et conférer une protection contre ce virus, sans poser de risque pour les personnes vaccinées.
L'approche utilisée par les chercheurs consiste à intégrer du matériel génétique provenant du VIH (ci-dessus) dans un virus inoffensif pour les humains. Une vaccination avec ce virus modifié devrait provoquer une réponse immunitaire similaire à celle qui survient lors d'une infection par le VIH et conférer une protection contre ce virus, sans poser de risque pour les personnes vaccinées.
Les progrès enregistrés dans le traitement du sida font parfois oublier que la lutte contre cette maladie est loin d'être gagnée. En 2015, 37 millions de personnes vivaient avec le sida, 2,1 millions de nouveaux cas sont apparus et 1,1 million de personnes en sont mortes. La façon la plus sûre de mettre un terme à cette épidémie est de prévenir l'infection par le VIH à l'aide d'un vaccin efficace. C'est à cette tâche que s'attaqueront le professeur de la Faculté de médecine Gary Kobinger et ses collaborateurs grâce à une subvention de 4 M$ des Instituts de recherche en santé du Canada.

Le professeur Kobinger dirigera une équipe composée de 16 chercheurs canadiens, dont Jérôme Estaquier et Michel J. Tremblay, de la Faculté de médecine, et Bruno Gaillet et Alain Garnier, du Département de génie chimique. Ils uniront leurs efforts à ceux de l'équipe du chercheur américain Chris Parks, de l'International AIDS Vaccine Initiative. Les deux équipes mettront en commun leur expertise en développement de vaccins faisant appel à un virus animal modifié, le virus de la stomatite vésiculaire (VSV), pour produire un vaccin plus efficace contre le sida.

La plupart des vaccins usuels, comme ceux contre la rougeole, la rubéole ou les oreillons, sont faits de virus atténués auxquels l'organisme réagit en produisant des anticorps spécifiques qui peuvent être réactivés rapidement lors d'une infection subséquente. Une telle approche est cependant risquée dans le cas du VIH en raison des dangers que ce virus pose à la santé humaine. Les équipes des professeurs Kobinger et Parks contournent le problème en utilisant le VSV, un virus inoffensif pour l'humain, dans lequel ils intègrent du matériel génétique provenant du VIH. «Nous avons déjà utilisé cette approche dans nos travaux sur la mise au point de vaccins contre Ebola et Influenza. Chris Parks a fait de même pour ses travaux sur le VIH», rappelle Gary Kobinger.

Dans le cas du sida, l'approche consiste à remplacer un gène du VSV appelé Env par celui du VIH. Le gène Env sert à produire une protéine qui forme l'enveloppe virale grâce à laquelle le virus reconnaît ses cellules cibles, s'attache à celles-ci et pénètre leur membrane cellulaire. «En théorie, une vaccination avec le VSV modifié devrait provoquer une réponse immunitaire similaire à celle qui survient lors d'une infection par le VIH et conférer une protection contre ce virus, sans poser de risque pour les personnes vaccinées», explique le professeur Kobinger.

Les tests réalisés sur un petit nombre d'animaux ont montré que le taux d'efficacité de ce vaccin est de 70%. Il s'agit de résultats très encourageants, estime le chercheur, mais il serait possible de faire mieux en ajoutant au VSV d'autres protéines provenant du VIH, de façon à élargir la protection vaccinale contre différentes souches du sida. C'est à cette tâche que s'attaquent maintenant les chercheurs. «Nous espérons être en mesure de soumettre une demande d'essai clinique de phase 1 dans trois ans, souligne Gary Kobinger. Cette étape servira à déterminer si le vaccin est sécuritaire chez des sujets en bonne santé. La demande sera faite aux responsables de la FDA et de Santé Canada et ce sera à eux de décider de la suite des choses.»




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Gary Kobinger dirigera une équipe composée de 16 chercheurs canadiens. Ils uniront leurs efforts à ceux de l'équipe du chercheur américain Chris Parks, de l'International AIDS Vaccine Initiative, pour améliorer un vaccin prometteur contre le sida.

Photo: Louise Leblanc

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