Arts

Une relève qui promet

Plusieurs oeuvres dignes des plus grands studios d'animation ont été présentées au 6e Gala BASA

Par : Matthieu Dessureault
"Astrosinge", de Kéven Bolduc et Gabriel Lebel-Bernier
"Astrosinge", de Kéven Bolduc et Gabriel Lebel-Bernier
Il y avait foule, le vendredi 27 mai, à l'Impérial Bell, pour le Gala BASA. Organisé chaque année par les finissants du baccalauréat en art et science de l'animation, cet événement met en vedette des oeuvres réalisées dans le cadre du programme. Animations graphiques, conception 2D, modélisation 3D ou courts métrages, une vingtaine d'oeuvres ont été présentées dans différentes catégories. Des prix, entre autres du meilleur scénario et de la meilleure direction artistique, ont été remis par un jury composé de professionnels.

S'il y avait eu une palme, elle aurait sans conteste été décernée à Astrosinge, qui a remporté la grande majorité des prix, dont le coup de coeur du public. Ce court métrage de trois minutes raconte une mission lunaire qui tourne au désastre. Les personnages – des singes, vous l'aurez deviné! – et le décor sont irréprochables du point de vue technique, résultat de nombreuses heures d'ouvrage. «On a travaillé pendant un an les soirs, les fins de semaine, et même durant les vacances d'été. La production du film a dépassé largement le cadre du cours. Le plus dur a été de trouver une ligne directrice, afin de s'assurer que tous les artisans travaillent dans la même direction», souligne Kéven Bolduc, qui a orchestré ce projet avec Gabriel Lebel-Bernier.

Le public s'est a également bidonné devant Trésor d'Hawaï, un court métrage de Pierre-Luc Ouellet et David Groulx. Faire un film qui se déroule dans un univers subaquatique et qui met en scène un hélicoptère, telle était la contrainte du cours Projet 3: du concept à la réalisation. Inspirés, les deux étudiants ont imaginé une histoire cocasse autour d'une expédition de plongée sous-marine. Parmi les nombreuses étapes de création du film, celle des rendus finaux a représenté le plus grand défi. «On a dû surmonter une tonne de problèmes. Nous avons passé des soirées entières à essayer de comprendre pourquoi telle animation ne fonctionnait pas ou telle chose ne s'affichait pas. On s'est arraché les cheveux de la tête, mais cela nous a permis de gagner de l'expérience», raconte Pierre-Luc Ouellet.

C'est un tout autre univers que nous présentent Patrice Paquin-Coutu et son équipe avec le court métrage Caelestis. Histoire d'amour entre un garçon et une constellation, cette oeuvre surréaliste mêle plusieurs techniques d'animation. L'équipe a fabriqué notamment un décor et différents objets pour réaliser une séquence en stop-motion. Des images de nébuleuses ont été créées à partir d'eau et de mélasse, tournées en gros plan, puis traitées dans un logiciel spécialisé. On retrouve aussi de l'animation 2D et 3D plus traditionnelle. «C'est un film fait avec des méthodes hybrides qui représente bien la diversité des aptitudes et des intérêts de l'équipe et des étudiants du programme en général. On voulait faire une oeuvre permettant à chacun de travailler avec un médium qui l'intéressait», explique l'étudiant.

On peut le dire, la créativité était au rendez-vous cette année. Le jury, qui a eu la difficile tâche de remettre des prix, était présidé par une habituée, Nancy Florence Savard, de Productions 10e Ave. Celle que les étudiants nomment affectueusement «la marraine du BASA» a accepté sans hésiter le rôle de présidente d'honneur. «J'ai toujours été près du milieu scolaire, mais le Gala BASA est mon chouchou. Je suis agréablement surprise, d'année en année, de voir la qualité des projets. Plusieurs sont dignes d'un travail professionnel, avec un scénario, un découpage et une direction artistique impeccables.»

La productrice est bien placée pour parler de qualité, sa compagnie étant derrière de nombreuses productions plébiscitées à travers le monde, telles que La légende de Sarila et Le coq de St-Victor. Elle prépare actuellement six longs métrages, dont le très attendu Mission Yéti. Pour elle, le Gala BASA est le meilleur endroit pour découvrir de nouveaux talents. «L'événement me permet de cibler des jeunes qui ont une signature particulière et qui sont capables de raconter une histoire. Certains ont ce talent à l'état brut. Nous pouvons les prendre sous notre aile ou les recommander à nos partenaires», dit-elle.

Avec la prolifération des studios dans la région et les nombreux événements consacrés à l'animation, on peut croire que cette relève n'a pas fini de faire parler d'elle!

Pour plus d'information sur le gala: galabasa.ca

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