Arts

Un Québécois vivant

Ses talents d’orateur et son esprit libre ont fait de Pierre Bourgault un homme souverain à bien des égards

Par : Renée Larochelle
Jean-Francois Nadeau s’attendait à ce que la biographie de Pierre Bourgault qu’il a écrite se vende bien. Mais jamais il n’aurait pensé qu’on en écoulerait 30 000 exemplaires en moins de deux semaines. Lancé le 6 septembre aux Éditions Lux, Bourgault s’avère en effet un immense succès de librairie. «La popularité du livre correspond peut-être à un souhait des Québécois d’en connaître davantage sur un homme qui ne ressemble à aucun autre dans l’histoire du Québec», estime Jean-François Nadeau, directeur des pages culturelles du quotidien Le Devoir et diplômé en histoire de l’Université Laval. Le 13 septembre, au pavillon Charles-de Koninck, le journaliste a parlé durant presque de deux heures de Pierre Bourgault devant un auditoire suspendu à ses lèvres. Invité par le Département de sociologie et le comité de la revue Aspects sociologiques, le conférencier a discouru un grand moment sur la montée de l’idée de la souveraineté au Québec dans les années 1960, avant de s’attaquer à sa pièce de résistance, Pierre Bourgault, un homme simple et complexe à la fois, dont on disait qu’il était soupe au lait, plutôt casse-pieds, mais qui possédait une fougue et un charisme à jeter une foule par terre.

«Tout le monde s’entend pour dire que c’était sur une tribune qu’il était à son meilleur, a raconté Jean-François Nadeau. Lors des discours qu’il prononçait, notamment lors des assemblées organisées par le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN), on l’applaudissait à tout rompre, tout le monde criait, il y avait beaucoup de bruit. C’était comme à un concert des Beatles: Bourgault savait très bien que son message ne dépassait pas les premières rangées de la salle mais il comptait sur l’effet d’entraînement pour qu’il parvienne aux dernières rangées.» Avant de connaître ces heures de gloire, Pierre Bourgault en aura cependant ramé un coup. Mis à la porte du collège Jean-de-Brébeuf, esprit libre et fonceur, Pierre Bourgault s’essaie à être comédien, apprend l’escrime, vivote et finit par partir  pour l’Europe où il s’adonne à sa passion du moment: le flipper. «En fait, rien n’indique à ce moment que ce gars-là va faire quelque chose de sa vie, a expliqué Jean-François Nadeau. Et puis, un jour, il rencontre son ami et membre du RIN Claude Préfontaine qui l’invite à assister aux réunions du parti. Bourgault va alors trouver en l’indépendance du Québec la voie à suivre, sa voie.»

Un outil de changement
Pour les fins de cette biographie, Jean-François Nadeau a sillonné le Québec durant quatre ans et rencontré des centaines de personnes. «Gilles Vigneault m’a dit que Bourgault avait été le premier à s’intéresser à la vraie condition des gens, dit l’auteur. Quarante ans après qu’il ait tenté de se faire élire dans l’actuel compté de Duplessis, sur la Côte-Nord, des gens se souviennent encore de lui, alors qu’il se déplaçait en chaloupe et en traîneau à chiens et qu’il venait cogner aux portes des maisons avec ses bottes de caoutchouc.» Considérant que l’indépendance était un outil de changement et non une fin en soi, Pierre Bourgault se faisait une règle d’or de dire les choses comme elles étaient, estimant que les bonnes idées finissaient toujours par triompher. «Pour lui, un Québécois était quelqu’un qui vivait au Québec et qui comprenait que la majorité vit en français, souligne Jean-François Nadeau. Il disait également qu’il était important de rester fidèle à ses rêves de jeunesse.»

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