Arts

Un nouveau tremplin pour les jeunes diplômées de l'École d'art

La bourse Suzie-Houde offrira à trois lauréates un an de loyer aux Ateliers du réacteur pour faire rayonner la création au féminin

Par : Brigitte Trudel
Alexandrine Cardin-Dubé, directrice générale de la Société de développement commercial Saint-Roch, Chantal Gilbert, membre du comité exécutif de la Ville de Québec et conseillère du district de Saint-Roch–Saint-Sauveur, Julie Lemieux, vice-présidente du comité exécutif de la Ville de Québec, Suzie Houde, mécène, et Jocelyn Robert, directeur de l'École d'art, lors du lancement de la bourse Suzie-Houde.
Alexandrine Cardin-Dubé, directrice générale de la Société de développement commercial Saint-Roch, Chantal Gilbert, membre du comité exécutif de la Ville de Québec et conseillère du district de Saint-Roch–Saint-Sauveur, Julie Lemieux, vice-présidente du comité exécutif de la Ville de Québec, Suzie Houde, mécène, et Jocelyn Robert, directeur de l'École d'art, lors du lancement de la bourse Suzie-Houde.
«Ne mettez pas l'accent sur moi, mais plutôt sur mon projet, d'accord?, demande avec réserve la mécène Suzie Houde au moment de lancer la bourse qui porte son nom. Je le fais avec tellement de plaisir!» Son parcours mérite toutefois qu'on s'y attarde un peu. C'est de lui qu'elle a tiré l'idée d'offrir à une diplômée par année, et ce, durant trois ans un espace de création de 255 pieds carrés aux Ateliers du réacteur.

Formée en administration et en marketing à l'Université Laval, Suzie Houde a décidé, après une carrière dans le milieu des affaires, d'effectuer un retour aux études dans un programme qui l'attirait depuis longtemps. L'étudiante à temps plein se trouve désormais à mi-chemin d'un baccalauréat en arts visuels et médiatiques. «C'est en fréquentant mes collègues de classe que j'ai pris le pouls des besoins réels de la relève en arts, explique Suzie Houde. Il m'a semblé que de ne pas bénéficier d'un endroit disponible et sécuritaire où produire, dans un lieu fréquenté par d'autres artistes, entre la sortie de l'école et le début du parcours professionnel, comptait parmi les plus grandes difficultés.»

Plutôt que de donner une somme d'argent, la mécène cherche, avec son don, à offrir une rampe de lancement qui favorise l'action. En outre, son aide présentera aussi un avantage financier puisqu'elle sera accompagnée d'un montant de 2 500$ du programme Première Ovation – Arts visuels, arts médiatiques et métiers d'art.

Cela dit, pour Suzie Houde, réserver sa bourse aux jeunes femmes était un choix orienté dès le départ. «Il existe dans le milieu un préjugé, bien documenté, à l'endroit des artistes féminines, déplore-t-elle. Celles-ci ont droit à une visibilité et à un accès au marché beaucoup plus restreints que ceux des hommes. Cette différence défavorable se remarque tant dans les galeries commerciales que dans les institutions. Si je peux faire ma petite part pour renverser cette tendance…»

Enfin, la longue durée était un autre aspect qu'il lui importait d'intégrer à son projet. «La majorité des résidences artistiques offrent des séjours d'un mois ou deux, au mieux de quelques semaines. À mon sens, être moins limité dans le temps permet davantage à un artiste de développer sa recherche et sa démarche de création», déclare la femme qui est elle-même une artiste.

Étudiant au certificat en arts plastiques, Gabriel Lapointe comprend tout à fait l'importance d'avoir accès à un lieu physique qui se prête à l'activité créative. Depuis le printemps dernier, cet artiste de l'image en tous genres, mais qui se spécialise dans des matériaux comme l'huile et le pastel, loue et partage avec quelques collègues un local aux Ateliers du réacteur. Il n'a que des bons mots à propos de l'expérience. «Comme j'habite avec trois colocataires et que mes œuvres sont souvent des grands formats, créer à partir de chez moi n'est pas vraiment viable, relate-t-il avec humour. Ici, "au Réacteur", j'ai ma clé, je peux venir à toute heure et je peux même entreposer mes oeuvres et mon matériel.»

Le jeune homme confirme que cet espace dont il dispose facilite sa formation. «Les expérimentations et le travail pratique sont indissociables des études en arts et d'un cheminement vers une carrière professionnelle», affirme-t-il. Par-dessus tout, Gabriel Lapointe apprécie grandement le fait de baigner dans un milieu où il côtoie d'autres artistes, qu'ils utilisent ou non les mêmes matériaux que lui. «Je ne m'attendais pas à m'en nourrir à ce point, admet-il. Je me suis fait plusieurs amis. Nos échanges et les conseils que je reçois me permettent d'évoluer. Ces interactions agissent vraiment comme un incubateur.»

De son côté, convaincue de tous ces bienfaits, Suzie Houde espère que son initiative incitera d'autres personnes qui en ont les moyens à proposer leur soutien aux artistes de la relève. «Il suffit de venir faire un tour à l'École d'art pour se convaincre de leur potentiel», affirme-t-elle avec dynamisme. Son invitation aux futurs donateurs est lancée!

Les diplômées intéressées par la bourse Suzie-Houde ont jusqu'au 15 février pour déposer leur dossier de candidature. Plus d'information.




Mathieu-Neron-artisan-cuir-credit-Ville-de-Quebec

Artistes en arts visuels et en métiers d'art se côtoient aux Ateliers du réacteur. Ici, l'artisan et artiste du cuir Mathieu Néron est en pleine création.

Photo: Ville de Québec




Hugo-Landry-peintre-credit-Ville-de-Quebec

L'artiste-peintre Hugo Landry est l'un des locataires des Ateliers du réacteur.

Photo: Ville de Québec

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