Arts

Un gars hors de l'ordinaire

Patrice Michaud, étudiant à la maîtrise en création littéraire,  est le grand gagnant du Festival international de la chanson de Granby

Par : Renée Larochelle
Patrice Michaud, heureux sur scène: «Ce métier-là, c'est vraiment un métier de rencontres».
Patrice Michaud, heureux sur scène: «Ce métier-là, c'est vraiment un métier de rencontres».
«Patrice Michaud, lui, était tout simplement irrésistible, peut-être plus encore pour ses présentations de chansons que les chansons elles-mêmes. Ce type est un stand-up né, un conteur qui a le tour de la tournure, déjà bien meilleur que cent humoristes des cuvées Juste pour rire.» C’est en ces termes élogieux que le chroniqueur du quotidien Le Devoir, Sylvain Cormier, faisait l’éloge du gagnant du Festival international de la chanson de Granby, au lendemain de la finale qui a eu lieu le 19 septembre. Étudiant à la maîtrise en création littéraire à l’Université, l’auteur-compositeur-interprète frisant la trentaine Patrice Michaud (accompagné du guitariste André Lavergne) a séduit le jury du plus grand concours de chanson francophone en Amérique du Nord avec trois titres dont la seule évocation fait sourire: «C’est chien pour les singes», une histoire de l’humanité en 3 minutes et demie, «Le mur d’Hadrien», qui n’a pourtant rien à voir avec le personnage du roman de Marguerite Yourcenar, et «Cahier Canada», sorte d’album où dorment quelques souvenirs d’école. Patrice Michaud ne fait pas que chanter et raconte également des histoires avant chaque chanson, question de mettre son public dans le bain de son univers un peu fou et absurde. «Quand je monte sur scène, je me sens bien, dit ce grand garçon sympathique au regard vert forêt et à la voix chaleureuse. Les gens m’écoutent et je me sens branché comme nulle part ailleurs.»

Se donner des contraintes
Né à Cap-Chat en Gaspésie, Patrice Michaud a eu une enfance sans histoire. Sur son bulletin scolaire apparaissaient généralement côte à côte les commentaires suivants: «Travail appliqué et soutenu» et «Bavardage inutile et fréquent». Membre de troupes de théâtre dont les pièces n’ont jamais été présentées, par manque de comédiens aux répétitions, y compris lui-même, s’étant fait mettre à la porte du cours de musique où il jouait de la trompette, Patrice Michaud affirme lui-même qu’il a commencé à jouer de la musique pour pouvoir entrer dans les bars. «J’ai une bonne voix et je chante juste, résume-t-il. En fait, je chantais ce que les gens voulaient entendre. J’ai le même timbre de voix que Zachary Richard. C’est d’ailleurs à cause de lui que j’ai commencé à chanter.» Sa guitare en bandoulière, ne sachant même pas lire la musique, Patrice Michaud a fait quelques spectacles ici et là, tout en effectuant un baccalauréat en littérature québécoise et française. À cet égard, son attirance pour la littérature s’est manifestée assez tardivement. «J’ai commencé à lire à peu près à l’âge de 15 ans, dit-il, du Stephen King au début. Puis, j’ai découvert des écrivains comme Georges Perec, auteur de La disparition dans lequel la voyelle «e» est complètement absente. J’admire les auteurs qui se donnent des contraintes et j’essaie de m’en donner dans l’écriture de mes chansons en racontant des choses qui ne me sont jamais arrivées.»

Parmi ses influences musicales figurent pêle-mêle le groupe de heavy metal britannique Iron Maiden, Félix Leclerc, Jim Corcoran, Bruce Springsteen et Soldat Louis. La poésie de Gaston Miron lui parle aussi doucement à l’oreille. Ses projets? Lancer un album double de contes et de chansons en 2010, sans compter l’écriture de scénarios de bandes dessinées. «Ce métier-là, c’est vraiment un métier de rencontres», explique Patrice Michaud qui donnera cinq spectacles dans différentes Maisons de la culture au Québec au cours du mois d’octobre. Pour en savoir davantage: www.myspace.com/patricemichaud               

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