Arts

Un empire au Musée

Que ce soit en histoire, en peinture ou en architecture, l’ère victorienne a marqué le monde de sa royale empreinte

Par : Renée Larochelle
Abraham Solomon, Le départ de la diligence à Biarritz, 1862, Huile sur toile. Collection Royal Holloway, University of London.
Abraham Solomon, Le départ de la diligence à Biarritz, 1862, Huile sur toile. Collection Royal Holloway, University of London.
À la veille de la mort de la reine Victoria, en 1901, l’Angleterre est la première puissance mondiale et l’Empire britannique couvre le quart de la planète. Durant les 64 ans qu’aura duré son règne, la reine, montée sur le trône à l’âge de 18 ans, a donc mis son pays sur la carte du monde, au propre comme au figuré. Du 27 mai au 6 septembre, le Musée national des beaux-arts du Québec vous invite à plonger dans cette époque de splendeur et de bouleversements en visitant l’exposition intitulée "La peinture à l’époque de la reine Victoria". Collection Royal Holloway, Londres. «Rares sont les individus qui peuvent se targuer d’avoir baptisé un siècle de leur nom et la reine Victoria partage cette gloire avec Auguste et Louis XIV», explique Michel De Waele, l’un des trois professeurs de l’Université qui prononcera une conférence sur cette exposition le 12 mai.    
   
«Déjà, de son vivant, ses sujets commencent à se décrire comme victoriens, généralement en bombant fièrement le torse, rappelle le directeur du Département d’histoire. Même si la force politique réelle de la couronne diminue durant les deux derniers tiers du 19e siècle, son prestige augmente dans un mouvement continu qui perdurera au lendemain de la mort de la souveraine. Victoria donne son nom à une mode, à une architecture et à une époque durant laquelle le roman fleurit, à un empire dont l’ampleur est inégalée dans l’histoire. Mais la réalité victorienne, c’est aussi Jack l'Éventreur et l’exploitation économique des ouvriers, notamment des enfants.»

Dans les rues de Londres
Le 19 mai, Françoise Lucbert, professeure au Département d’histoire, propose un survol de l’art en Grande-Bretagne pendant la seconde moitié du 19e siècle par quelques œuvres phares de l’exposition. «La Collection Holloway, du nom de l’homme d’affaires et mécène qui l’a montée, Thomas Holloway, visait d’abord à parfaire la culture des jeunes filles de classe moyenne qui fréquentaient le Royal Holloway College, explique Françoise Lucbert. Sur les 77 tableaux que compte la collection, 60 seront présentés au Musée. Ils figurent parmi les œuvres les plus courues et les plus appréciées à Londres dans les années 1880. Une bonne vingtaine de ces tableaux sont de très grande dimension.»
   
Des scènes croquées dans les rues de Londres, des paysages exaltant la campagne: la peinture victorienne est marquée par le courant dominant du réalisme, par les idées sociales des préraphaélites et par un engouement artistique pour l’Orient. On pourra voir notamment des tableaux de maîtres comme William Powell Frith, Briton Riviere, William Turner, Sir Edwin Landseer, Sir John Everett Millais et Edwin Longsen Long. «Les œuvres présentées témoignent de l’histoire du goût de toute une époque, souligne Françoise Lucbert. Nous sommes aussi au temps des découvertes de Charles Darwin et de Charles Dickens.»
   
Enfin, le 21 juillet, Marc Grignon, professeur d’histoire de l’architecture, illustrera l’influence de tendances comme le néoclassicisme et le style néogothique à Québec, où plusieurs églises en témoignent. Parmi celles-ci figurent l’église anglicane Saint-Michael de Sillery, l’église Chalmers-Wesley et l’église St. Matthews. «L’époque victorienne est synonyme d’idées radicalement nouvelles en architecture, explique Marc Grignon. Par exemple, le style néogothique fait revivre des formes médiévales qui contrastent avec les styles classiques dominants à l’époque. Pensons au Château Frontenac qui évoque quelque chose de très médiéval sous certains aspects.» Cela dit, autant dans le Vieux-Québec qu’en dehors des murs, le promeneur le moindrement averti peut trouver des bâtiments évoquant ce type d’architecture. «Il n’y a pas un style victorien à Québec, mais plusieurs», de conclure Marc Grignon.

Toutes les conférences ont lieu à 19 h 30, à l’auditorium du Musée. L’entrée est libre.

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

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