Arts

Tragédies fantômes

Blessures intimes et recherches plastiques font cercle pour la première exposition de Caroline Guindon à la Galerie des arts visuels

Par : Julie Bouchard
Une bonne longueur d’avance. C’est ce qu’a pris un quotidien de Québec en annonçant, au tout début du mois de septembre, l’exposition à venir de Caroline Guindon à la Galerie des arts visuels, qui a été vernie le 14 octobre dernier. À la journaliste qui voulait savoir ce qu’était une «tragédie fantôme» - expression qui a donné son nom à la présente exposition - la jeune artiste a répondu: «c'est une trace laissée par une blessure psychologique». De fait, les Tragédies fantômes de Caroline Guindon jouent entre blessures intimes et recherches plastiques.

Présentée comme «la toute première exposition individuelle» de Caroline Guindon, Tragédies fantômes compose, à l’intérieur de la Galerie des arts visuels, un espace circulaire semi-clos de 16 pieds de circonférence et de 7 pieds de haut. Sur la face intérieure des panneaux qui forment un cercle en obligeant le visiteur à se diriger vers le centre, des images dessinées à grands traits noirs sur fond blanc. L’esthétique emprunte aussi bien à la bande dessinée qu’au street art. Une seule image a été surlignée de rouge clair, et elle s’impose dans l’ensemble sans expliquer ses raisons. Réunies par le cercle, les images appartiennent moins à une suite ou une série qu’à des histoires vécues dans la douleur la plupart du temps.

Quelques fragments narratifs

«J’essaie de transposer des traces intangibles en traduisant et en manipulant des images qui découlent ou qui sont susceptibles de découler d’une blessure. Les images sont manipulées matériellement et psychiquement. Elles sont comme des doubles fantômes où se croisent le fantôme réel et les images nées de la blessure. Ces images fantômes nous pénètrent l’esprit comme des flashs indésirables et inquiétants, elles nous hantent et nous déstabilisent…»  Bref, les images sont moins des images que des fantômes. Ou des «fragments narratifs» pour reprendre une autre belle expression de Caroline Guindon. Libre au visiteur d’imaginer l’histoire dont ces fragments sont tirés, mais s’il se rend jusqu’au centre de Tragédies fantômes, il pourrait bien être obligé de revenir à ses propres histoires… ou tragédies. Et cela ne serait peut-être pas le fruit du hasard.

«Le fil conducteur de ma démarche consiste à créer des environnements qui évoquent les blessures psychologiques qui affectent l’individu et la société», écrit Caroline Guindon dans un texte consacré à sa démarche. Dans l’exposition, ce sont ses propres blessures qui ont donné naissance aux fragments narratifs proposés aux visiteurs. «Je désire exploiter la rencontre entre mon espace psychologique et celui du spectateur», explique celle qui se prépare à faire des études de psychologie tout en préparant de nouveaux projets d’exposition. Mais pourquoi des études dans cette discipline? «C’est un domaine qui m’a toujours intéressée, et je crois que cela ne peut que consolider ma démarche artistique et rendre mes projets de création futurs plus complets, de la conceptualisation à la concrétisation», répond celle qui se dit influencée par Louise Bourgeois, «une figure importante dans le domaine de la représentation de la blessure psychologique». 

Caroline Guindon est titulaire d’un baccalauréat en arts plastiques de l’École des arts visuels et elle termine actuellement une maîtrise en arts visuels. Tragédies fantômes est présenté à la Galerie des arts visuels jusqu’au 14 novembre.

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