Arts

Road show

Les Treize plongent dans l'action avec Capitaine Fracasse de Théophile Gauthier

Par : Pascale Guéricolas
Enfant, Joëlle Cloutier se régalait des répliques chevaleresques et du récit de combats flamboyants. Devenue grande et membre de la troupe Les Treize, elle a tout naturellement proposé de monter Capitaine Fracasse, une épopée picaresque écrite par Théophile Gauthier en 1863, adaptée au théâtre par le metteur en scène français Marcel Maréchal il y a quelques années. L’histoire démarre quelque part dans le sud de la France, dans le château en ruines du baron de Sigognac. Le jeune homme profite du passage d’une troupe de comédiens pour partir avec eux à l’aventure sur les routes. À la mort d’un des acteurs, le voilà endossant le rôle du Capitaine Fracasse, prêt à séduire la belle et charmante Isabelle, elle aussi membre de la troupe. Tout se corse lorsque les yeux du duc de Vallombreuse croisent ceux de la jeune fille dans une auberge. L’amoureux transi la fait enlever. La troupe de comédiens, Sigognac en tête, se lance donc à sa recherche.
   
Portés par le souffle d’une histoire remplie d’action, Les Treize promettent une pièce de théâtre au rythme endiablé, avec près d’une quinzaine de comédiens sur scène interprétant encore plus de personnages, sans oublier les nombreux combats à l'épée, au bâton, ou même à mains nues. Louis-Philippe Huot, maître d’escrime, a d’ailleurs chorégraphié les duels en collaboration avec la metteure en scène pour permettre au public d’apprécier aussi cette partie très visuelle du récit. Le décor de Jérôme Huot, très dépouillé, facilite les affrontements physiques et les déplacements de cette troupe de comédiens jouant sur la place d’un village ou dans une auberge. «On utilise l’ambiance musicale pour évoquer l’univers des gitans, les gens du voyage, souligne Joëlle Cloutier, qui signe sa huitième mise en scène avec Les Treize. Olivier Gilloux a effectué beaucoup de recherches afin de dénicher des pièces musicales peu connues mélangeant le jazz, le style manouche, le swing, les fanfares.»
   
Cette version ludique du Capitaine Fracasse mise aussi sur la légèreté des personnages et leur truculence. Le baron de Sigognac, poète à ses heures, a tendance par exemple à déclamer des répliques à n’en plus finir pour vanter les beautés de son amoureuse. Les autres acteurs de la troupe, de leur côté, ressemblent à des Scapin ou à des soubrettes de commedia dell'arte. En effet, à force d’interpréter la même pièce durant leur tournée, la frontière s’estompe de plus en plus entre la réalité et la fiction. Par-dessus tout cependant, c’est la couleur des répliques qui accrochent Joëlle Cloutier, elle qui a eu la piqûre pour le théâtre en jouant dans le Capitaine Fracasse il y a dix ans. «J’adore les expressions comme “se faire gifler par un gant”, “la botte secrète” ou “La belle Isabelle couronnera le vainqueur de ce tournoi comme au beau temps de la chevalerie”, reconnaît la jeune fille dans un sourire. Une chose est sûre, le public qui viendra assister aux représentations des Treize aura droit à une épopée, bien loin de la vie quotidienne en ce début de 21e siècle.
   
Capitaine Fracasse est présenté les 10, 11, 12 et 13 avril, à 20 h, à l’amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins. Les billets sont en prévente au coût de 10 $ (12 $ à la porte) au Bureau d’accueil et d’animation, local 2344, pavillon Alphonse-Desjardins.

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