Arts

Les voix célestes

L’Atelier d’opéra de la Faculté de musique présente La Flûte enchantée de Mozart

Par : Renée Larochelle
Des voix magnifiques chantant sur une musique bénie des dieux: c’est ce qu’on pouvait entendre en approchant du local 6178 du pavillon Louis-Jacques-Casault, le 18 février, alors que répétaient les 15 étudiants et étudiantes de l’Atelier d’opéra en vue de la présentation de La Flûte enchantée de Wolfgang Amadeus Mozart, les 4, 6 et 8 mars à 20 h, au Théâtre de la cité universitaire (pavillon Palasis-Prince). Lorsque le Fil les a rencontrés, les chanteurs et chanteuses en étaient au 2e acte de ce chef-d’œuvre qui enchante littéralement les publics du monde entier depuis sa création en 1791 alors que Mozart, âgé de 36 ans, vivait la dernière année de sa courte existence. «La Flûte enchantée représente un jalon de l’histoire de la musique, dit Michel Ducharme, professeur de chant à la Faculté de musique et directeur musical de l’Atelier d’opéra. C’est une œuvre immense, intemporelle, qu’on découvre ou qu’on redécouvre toujours avec plaisir et qui nous amène à une plus grande connaissance de l’être humain.»
   
Fondé en 1981, l’Atelier d’opéra est d’abord un cours visant à offrir aux étudiants de la Faculté de musique une expérience de la scène. Au cours des années, l’Atelier s’est bâti une brillante réputation, tant et si bien que son spectacle annuel constitue un événement très attendu pour les mélomanes de la région de Québec. En 26 ans d’existence, c’est la troisième fois qu’est présenté ce célébrissime opéra. Bien qu’il soit entièrement chanté en allemand, l’histoire est facile à suivre grâce aux dialogues que les chanteurs interpréteront en français. «Il y a un “style Mozart”, dans la façon de chanter ensemble, explique Michel Ducharme. De plus, en l’absence d’orchestre, nous nous en remettons entièrement à notre pianiste Anne-Marie Bernard pour l’accompagnement musical. Les étudiants doivent être très attentifs et connaître la partition sur le bout des doigts.» 

Des épreuves à surmonter
Pour distribuer les rôles, les responsables du cours se basent sur l’expérience du chanteur ou de la chanteuse et sur la tessiture de leur voix. Étudiante à la maîtrise en chant et soprano colorature, Mélissa Dubé en est par exemple à son 3e atelier. Elle joue la Reine de la Nuit, un rôle particulièrement exigeant en regard des notes très élevées à chanter, dont le fameux contre-fa. À l’instar de ses compagnons et compagnes de l’Atelier, elle travaille son personnage depuis le mois de septembre, à raison de six heures de pratique en groupe par semaine, sans compter toutes les heures où elle répète seule à la maison. Pour «trouver» son personnage, Mélissa Dubé a écouté plusieurs enregistrements et regardé différentes versions cinématographiques de cet opéra. «La Reine de la Nuit est une femme assoiffée de pouvoir qui veut tout contrôler, dit l’étudiante. C’est le symbole du mal. À un moment donné, elle devient complètement folle, ne reculant devant rien pour arriver à ses fins.» Le rôle de la fille de la Reine de la Nuit, Pamina, est interprété par Marie-Michèle Roberge, qui en est également à sa 3e année à l’Atelier. «Le message de la Flûte tient en une phrase, souligne-t-elle. La vie est remplie d’épreuves qu’on doit surmonter avant d’arriver à ce qu’on souhaite.»

Des pas de géant
Autre défi que les chanteurs doivent relever: chanter dans la langue de Gœthe comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. «On ne peut pas se permettre de chanter des paroles qu’on ne comprend pas, explique Pierre Rancourt (Papageno). D’où la nécessité de bien comprendre toutes les paroles afin que le public puisse lui aussi comprendre l’histoire. De toute façon, chanter du Mozart, c’est de la dentelle», insiste le jeune homme, pour qui le divin compositeur a le don de saisir l’essence de l’âme humaine, une opinion que partage le metteur en scène de l’Atelier d’opéra, Jacques Leblanc. «Mozart est plus facile à chanter que Puccini ou Wagner, estime le directeur artistique du Théâtre de la Bordée, qui signe sa huitième mise en scène avec l’Atelier. Je dois dire que les étudiants m’impressionnent parfois. Ils ont accompli des pas de géant depuis le début des répétitions en s’appropriant leur personnage. Il ne faut pas oublier que chanter dans un opéra signifie qu’on doit à la fois chanter et jouer, en étant parfaitement à l’aise dans son corps. En soi, il s’agit d’un exploit.»
   
Que feront ces jeunes chanteurs une fois leur maîtrise en chant terminée? Si certains se destinent à l’enseignement tout en continuant à passer des auditions pour décrocher des rôles, d’autres visent carrément une carrière de chanteur. C’est le cas de Mathieu Jean (Tamino), qui se verrait très bien vivre dans ses valises et chanter sur les grandes scènes de ce monde. Le mot de la fin appartient toutefois à Pierre Rancourt. «Je me considère déjà très chanceux de pouvoir recevoir une formation de qualité, dit le jeune homme. Alors, je vis au jour le jour. J’ignore ce que l’avenir me réserve, mais je demeure ouvert à tout.»
   
Décors et costumes: Geneviève Tremblay. Prix d'entrée: 15 $ (étudiant: 10 $). On peut se procurer des billets à l'accueil de la Faculté de musique, local 3312 du pavillon Louis-Jacques-Casault. Des billets seront également en vente au guichet de la salle les soirs de représentation.
                

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