Arts

Les cours de musique au rythme de la COVID-19

Des chercheuses de la Faculté de musique ont répertorié des solutions pour enseigner la musique en milieu scolaire de façon sécuritaire

Par : Matthieu Dessureault
Masque de protection imaginé par Julie Patterson Duty, fondatrice de United Sound, pour limiter la dispersion d’aérosols par les instruments à vent.
Masque de protection imaginé par Julie Patterson Duty, fondatrice de United Sound, pour limiter la dispersion d’aérosols par les instruments à vent.

Alors qu’un certain virus continue de faire des siennes dans les écoles, l’enseignement de la musique représente des risques pour les enseignants et leurs élèves. Il suffit de penser aux aérosols générés par les instrumentistes à vent et les chanteurs. Les musiciens peuvent aussi être infecté en manipulant un instrument malpropre ou mal entretenu.

«Enseigner la musique en présentiel de façon sécuritaire, c’est possible, tient à rappeler Valerie Peters, professeure à la Faculté de musique de l’Université Laval. Des options existent, mais elles demandent de mettre l’accent sur la créativité.»

Avec une étudiante-chercheuse, Guylaine Lemay, la professeure a passé au peigne fin la documentation scientifique afin de regrouper les meilleures pratiques pédagogiques en temps de COVID-19. Ce projet, lancé dans la foulée de la fermeture des écoles au printemps, a donné lieu à un rapport préliminaire diffusé auprès des organisations vouées à l’enseignement de la musique en milieu scolaire au Québec.

Ce document s’avère une précieuse source d’informations pour les professeurs. Il contient une foule de recommandations pour enseigner la musique dans le respect des consignes de santé publique. On y trouve aussi plusieurs idées d’activités, en ligne comme en présentiel, pour maintenir la musique dans la formation des jeunes.

Financé par Mitacs, ce projet est la première étape d’une recherche doctorale qui permettra à Guylaine Lemay de mieux comprendre la réalité des enseignants en musique. Avant le congé des Fêtes, trois entretiens de groupe ont été menés. Les chercheuses effectuent aussi une veille sur les réseaux sociaux pour analyser les conversations sur les pages consacrées à l’enseignement de la musique. «Notre rapport préliminaire propose des solutions pour les enseignants, mais on veut aussi savoir ce qu’ils vivent par rapport à la COVID-19. Déjà que la précarité d’emploi faisait partie de la réalité de plusieurs enseignants en musique, la pandémie a eu des impacts importants pour eux», souligne Valerie Peters.

Depuis la réouverture des écoles, la chercheuse a constaté que de nombreux enseignants ont fait preuve de résilience et de débrouillardise. «Les enseignants en musique sont des gens créatifs et investis. On a vu toutes sortes de façons de faire. Par exemple, des enseignants transportaient leur matériel sur un chariot pour circuler d’une classe à l’autre afin de donner leurs cours pendant que les élèves restaient à leur pupitre. D’autres ont fait de la musique à l’extérieur. D’une école à l’autre, les activités, mais aussi les consignes de la direction, sont très variables, ce qui peut créer du stress chez les enseignants.»

En dépit des défis, les cours de musique sont plus que jamais primordiaux pour la santé mentale des jeunes, insiste la professeure Peters. «De nombreuses recherches ont démontré les bienfaits de la musique. En faisant de la musique avec d’autres, on développe nos compétences relationnelles et émotionnelles, notre mémoire, notre créativité. Les jeunes ont besoin de s’exprimer et de faire des activités qui contribuent à leur bien-être. Pour ces raisons, la musique a une place fondamentale dans leur formation et doit être au centre de nos priorités de société, particulièrement en temps de crise. C’est pourquoi il faut trouver des solutions pour nos enseignants et nos élèves.»

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