Arts

Le ventre de Québec

Des étudiants en architecture réinventent le Marché du Vieux-Port, nourrissant de leurs idées avant-gardistes un espace à redécouvrir

Par : Renée Larochelle
L'intérieur du Marché du Vieux-Port, proposé par Valérie Jalbert
L'intérieur du Marché du Vieux-Port, proposé par Valérie Jalbert
Un bâtiment vétuste, pas très accueillant, entouré de voitures, où le visiteur ne sait pas trop où entrer, pouvant aussi bien se retrouver dans les toilettes alors qu’il cherche l’allée des fruits et légumes: voilà la façon à peine caricaturée dont Jacques Plante, professeur à l’École d’architecture, parle de l’état actuel du Marché du Vieux-Port de Québec. Pourtant, son emplacement unique, face au bassin Louise et au fleuve qui s’ouvre au monde, pourrait faire de ce marché un endroit exceptionnel où l’expérience ne se bornerait pas seulement à faire ses emplettes, mais où il serait agréable de se promener, de profiter du spectacle coloré et animé des acheteurs, des marchands et des étalages, en somme, de sentir la vie du marché couler dans ses veines. C’est dans cet esprit que Jacques Plante a demandé à ses étudiantes et étudiants de deuxième année du baccalauréat en architecture de concevoir un lieu public ouvert à la fois sur la ville et sur le monde vivant des marchés. 
   
«Au moment même où la Ville de Québec réfléchit sur le meilleur devenir du Marché du Vieux-Port, mes étudiants proposent des avenues surprenantes de développement de ce vaste site qui vont bien au-delà de la simple approche cosmétique dont les journaux ont fait état à l’automne, explique Jacques Plante. Ils ont reconsidéré tout le projet sur l’ensemble de son site, en questionnant différents aspects comme le design urbain, l’aménagement paysager, les accès piétonniers et véhiculaires, l’accessibilité des marchandises, l’intégration de nouvelles fonctions, le gabarit de l’édifice, l’architecture et l’image qu’elle projette, les possibilités d’activités récréatives autour du site, etc.»

Des fenêtres sur le fleuve
Parmi les 14 projets présentés par les étudiantes et les étudiants, certains se distinguent tout particulièrement par leur audace et leur originalité. Marika Ferguson-Drolet propose ainsi un espace intérieur à deux étages, avec marché au rez-de-chaussée et salles multifonctionnelles au second. Des puits de lumière éclairent l’ensemble tandis que de larges ouvertures côté fleuve aiguillent le regard vers l’infini du bleu. Marie-Alexandrine Beauséjour suggère pour sa part un marché fragmenté de chemins et de promenades. Des cafés, un grand hall, un restaurant offrant une vue sur la vieille gare et sur les quais éveillent le visiteur à la découverte de cet espace également doté d’un jardin intérieur urbain où il est possible de déguster les produits sur place. De son côté, Thomas Bernier met l’accent sur le concept d’entrelacs. Le marché constitue un lieu de transition entre la ville et l’eau et la construction dans son ensemble devient un espace tampon qui se caractérise par sa transparence. Tina Smith met de l’avant le concept d’esplanade, sorte de quais urbains faisant le passage de la ville au fleuve. Virginie Jalbert met notamment en scène des promenades architecturales extérieures avec des espaces de détente et de circulation à vélo. Elle souhaite attirer les gens aux abords de l’eau pour qu’ils s’y amusent, s’y retrouvent et y revivent.

Ces propositions avant-gardistes demeureront-elles à l’état de projet? «On peut parfois influencer des décisions, répond Jacques Plante. Les étudiants ont rencontré des marchands et des décideurs et il est question qu’ils présentent leurs projets au printemps sur les lieux mêmes du Marché. En architecture, vous savez, on souhaite toujours que les étudiants se fassent voler leurs idées.» 

          

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